Les éléments de langage des grandes voix de l’Union démocratique du centre (UDC, extrême droite, premier parti du pays) étaient prêts avant même le camouflet dans les urnes : le parti nationaliste s’est donc réjoui d’avoir « porté le débat ». Pas de manière convaincante, puisque l’électorat helvétique a refusé à 70,1 % d’inscrire dans la Constitution fédérale une version ultra rigide de la neutralité, lors d’une votation dimanche 27 septembre. Un vote favorable aurait empêché, à l’avenir, tout accommodement avec ce concept de non-alignement si important aux yeux des Suisses, mais utilisé avec une flexibilité grandissante depuis quelques années.
L’heure n’est plus à l’isolationnisme mythifié. Les Suisses ont affirmé un choix de société, un arbitrage géopolitique majeur dans une Europe remodelée par la guerre en Ukraine, et où les certitudes de sécurité d’hier vacillent. Le résultat, beaucoup plus spectaculaire qu’attendu, peut se lire comme un plébiscite pour une neutralité à la carte, flexible et résolument pragmatique, capable de s’adapter aux nouveaux défis sécuritaires sur le continent européen.
Il vous reste 79.46% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Commentaires (0)
Laisser un commentaire
Aucun commentaire. Soyez le premier !