L’inquiétude est encore montée d’un cran, dans les milieux proeuropéens en Bulgarie, après que le nouveau gouvernement de Roumen Radev, déjà critiqué pour ses positions souverainistes et prorusses au sein de l’Union européenne, semble désormais vouloir museler certaines voix critiques de l’audiovisuel public. Le dernier “scandale” recensé – l’expression est du journal en ligne Mediapool – concerne le journaliste et l’érudit Guéorgui Anguélov, animateur de deux émissions très regardées : l’une sur l’histoire méconnue de la Bulgarie, l’autre sur les perspectives européennes du pays.

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Les deux sont “suspendues” jusqu’à nouvel ordre sur la BNT, la télévision nationale. Et ce “scandale ne fait qu’enfler”, poursuit le média indépendant ce 10 septembre. “Une manifestation a déjà été organisée pour le soutenir, tandis qu’un groupe d’écrivains, de traducteurs et d’universitaires a publié une lettre ouverte contre la décision de la direction de la BNT, la qualifiant de ‘recommunisation’”, poursuit Mediapool.

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“Il ne fait aucun doute pour nous que le retrait de l’antenne d’une figure emblématique telle que Guéorgui Anguélov s’inscrit dans le cadre des tentatives de plus en plus insistantes visant à faire basculer notre pays vers le communisme et à le détacher de la civilisation européenne”, lit-on dans cette lettre.

L’opposition saisit les instances européennes

L’opposition libérale a annoncé qu’elle saisissait plusieurs instances européennes et déposait une plainte auprès du Conseil des médias électroniques (SEM), afin de demander une enquête sur cette décision. Selon la BNT, le journaliste est maintenu au sein de la rédaction, mais doit désormais proposer d’autres “formats d’émission”. Off News, un autre site d’information, s’inquiète pour l’avenir d’une autre émission, consacrée à la géopolitique et intitulée “Le monde et nous”, animée par deux journalistes de renom, Evguénia Atanassova et Ioanna Levieva-Sawyer. “Dans la nouvelle grille de programmes, elle est absente”, constate le titre.

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À la mi-août, c’est la BNR, la radio publique, qui s’était retrouvée au cœur d’une polémique après qu’un vice-Premier ministre, Ivo Hristov, chargé notamment de la culture et de l’organisation de l’Eurovision, l’année prochaine, en Bulgarie, a remis en cause les “standards journalistiques” du média. Lui-même ancien journaliste et collaborateur de divers médias, notamment en France, Ivo Hristov a estimé que la BNR avait adopté un ton “propagandiste” en prenant, notamment, le parti de l’Ukraine depuis l’invasion russe. Ses propos avaient soulevé une vague de critiques.