A 8 h 30, vendredi 16 octobre à Pékin, les nuages s’éloignent enfin, laissant une lumière blanche se répandre sur le parvis minéral de la tour iQiyi, le siège du « Netflix chinois », face au stade des ouvriers. Une quinzaine de dames âgées, un mari et autant de poussettes entrent en scène. Masque antipollution sur le visage, Jian Hua, 70 ans, agite une figurine Spiderman à un garçonnet qui, affectueusement, l’appelle « Nai Nai » (« mamie »).
Jian Hua, retraitée des douanes depuis dix ans, liste son labeur : « Il faut faire la lessive, préparer les repas, nettoyer le sol tous les jours et débarrasser la table. Tout à l’heure, à la maison, j’ai lavé les draps de ma belle-fille, j’ai fait une lessive de ses vêtements, et il faudra aussi laver ceux du petit. » Gui Rong, sa voisine, poursuit : « Oui, tout ça, c’est du travail ! Mais nous, on en a l’habitude, c’est comme ça. Passer la serpillière, faire toutes ces choses, c’est nous qui nous en chargeons. Mais enfin, quand on est grand-mère, c’est la règle, non ? Nous, vous savez, nous avons juste une petite retraite. Nous n’avons pas beaucoup d’argent pour voyager. »
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