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Géopolitique

En Cisjordanie, Ramallah, symbole d’une vie politique moribonde dans l’attente d’élections incertaines

Alors que des élections législatives, les premières depuis vingt ans, doivent se tenir le 28 novembre, les Palestiniens peinent à y croire. Le scrutin suscite davantage de scepticisme que d’enthousiasme.

En Cisjordanie, Ramallah, symbole d’une vie politique moribonde dans l’attente d’élections incertaines
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En Cisjordanie, Ramallah, symbole d’une vie politique moribonde dans l’attente d’élections incertaines

Par Manon Chapelain (Jérusalem, correspondance)
Publié aujourd’hui à 15h16, modifié à 15h26

Temps de Lecture 6 min.

Est-ce un hémicycle ou bien déjà un vestige de la ville de Ramallah, en Cisjordanie occupée ? A deux mois des élections du Conseil législatif palestinien, fixées au 28 novembre et censées relancer la machine parlementaire après vingt années d’interruption, la bâtisse, qui se craquelle, est à l’image de l’institution. Le plafond s’est dérobé sous les assauts de l’humidité, emportant avec lui les enluminures et les calligraphies arabes qui dominaient, jadis, le fauteuil de la présidence. Une couche de poussière grise recouvre le vernis des pupitres où reposent des microphones réduits au silence : les factures d’électricité n’ont pas été payées depuis 2020, assurent les employés, symbole d’une Autorité palestinienne à bout de souffle.

« Ça ne sert à rien de dépenser de l’argent pour un endroit qui ne sert plus », élude Samir Alkhayri, 42 ans, l’intendant des lieux, en faisant claquer machinalement un trousseau de clés rouillées contre sa cuisse. « Mais je vous l’avoue : j’ai hâte que la politique y reprenne vie. Notre pays en a besoin. » Tout à la fois gardien et mémoire de ces murs, il énumère un à un le nom et l’emplacement des derniers députés qui ont siégé ici. C’était en 2007, un an après les élections législatives qui avaient porté le Hamas à la victoire et débouché sur plusieurs mois d’affrontements avec le Fatah de Mahmoud Abbas. Le retranchement puis la prise de contrôle de la bande de Gaza par le mouvement islamiste avaient alors consacré la fracture politique et institutionnelle entre les deux territoires et le début d’une paralysie parlementaire qui allait durer plus de dix ans.

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