“Le gouvernement de Colombie siège désormais à Miami et à Washington !” Dans son discours d’adieu à la nation, le 20 juillet, le président colombien, Gustavo Petro, n’a pas manqué de réitérer ses allégations de fraude électorale contre son successeur, Abelardo de la Espriella. Le candidat d’extrême droite a remporté l’élection présidentielle, le 21 juin, au terme du scrutin “le plus serré de l’histoire du pays”, souligne le quotidien conservateur El Tiempo, avec 49,66 % des voix, contre 48,70 % pour Iván Cepeda, son rival du parti au pouvoir.
Mais Gustavo Petro, “premier président de gauche en Colombie”, conteste cette victoire. Il accuse notamment les États-Unis et Israël d’ingérence dans le processus électoral. Le chef de l’État sortant fait notamment mention de plus de “880 000 votes irréguliers”, rapporte El País América, qui précise que ces allégations restent pour l’heure non prouvées.
Plus largement, la gauche colombienne soupçonne Abelardo de la Espriella d’être une “marionnette” de Washington. L’avocat et homme d’affaires, qui dispose d’une triple nationalité – colombienne, italienne et américaine –, ne cache pas sa proximité avec Donald Trump. Une situation qui nourrit les critiques de ses adversaires, notamment celles d’Iván Cepeda.
Menace de désobéissance civique
Le candidat malheureux de la gauche a menacé d’emprunter “la voie de la désobéissance civile pacifique” si le futur président ne renonce pas à sa nationalité américaine et ne clarifie pas ses liens avec la CIA et la DEA, l’agence fédérale américaine luttant contre le trafic de drogue. Une menace “à ne pas minimiser”, estime le quotidien progressiste El Espectador, qui craint une “paralysie du pays”.
De son côté, Abelardo de la Espriella a “donné des instructions” à la commission de transition pour qu’elle dénonce un complot supposé entre des membres du gouvernement Petro et les narcotrafiquants du Clan del Golfo “auprès du ministère de la Justice américain”, rapporte Noticias Caracol. Il menace même de faire extrader Petro aux États-Unis.
Le conflit entre les deux responsables politiques risque de s’enliser jusqu’à la journée de l’investiture du nouveau président, prévue le 7 août. Abelardo de la Espriella a obtenu l’autorisation du Sénat qu’elle se déroule dans le département du Cauca, rompant avec la tradition qui veut qu’elle ait lieu au Congrès. Le lieu précis reste toutefois à déterminer. Le président élu avait promis à ses électeurs que la cérémonie se tiendrait dans une caserne militaire ou de police, “un projet auquel s’oppose Petro, qui, en tant que commandant en chef des armées jusqu’à cette date, a interdit aux forces militaires du pays de participer à la cérémonie”, conclut El País.
En Colombie, les nominations au sein du futur gouvernement De la Espriella essuient les critiques
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