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En Espagne, le phénomène “cayetano”, une nouvelle contre-culture de droite

Opposés au gouvernement de gauche espagnol, les “cayetanos”, des jeunes chics et rebelles de droite, fustigent les “excès” du féminisme, du multiculturalisme et des politiques progressistes. Cette jeunesse dorée “ultraespagnole et ultramadrilène” proche de la droite et de l’extrê

En Espagne, le phénomène “cayetano”, une nouvelle contre-culture de droite
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Société. En Espagne, le phénomène “cayetano”, une nouvelle contre-culture de droite

Robe ample et fleurie pour elle, chemise déboutonnée au tiers et pantalon chino pour lui, les cayetanos déambulent dans les quartiers huppés de Madrid en quête d’une paire de mocassins ou d’un bon verre de vin.

“Ils n’ont pas honte de leur condition, assure le journal conservateur espagnol ABC. Bien au contraire : ils en sont fiers.” Et le revendiquent si haut et si fort que le “mouvement cayetano” est devenu une véritable “contre-culture” en Espagne, pays où le gouvernement penche à gauche depuis 2018, constate le correspondant à Madrid du quotidien américain The New York Times.

L’étiquette cayetana, désormais accolée à toute une catégorie de la population espagnole, est née d’une chanson éponyme sortie en 2018 et interprétée par un groupe d’indie rock madrilène, Carolina Durante, explique La Razón.

Le morceau dépeint “avec ironie” les habitudes et le style de vie de la jeunesse dorée locale, détaille le journal catholique.

Attachés à la religion, aux traditions et, “pour beaucoup, aux politiques nationalistes”, les cayetanos comptent dans leurs rangs des habitués de la haute société espagnole et des membres du parti d’opposition, le PP (droite), confirme Jason Horowitz, du New York Times.

L’“esthétique cayetana” habille également les rassemblements de la formation d’extrême droite Vox, qui séduit une jeunesse espagnole n’ayant pas connu la dictature franquiste (1939-1975).

Les cayetanos applaudissent avec ferveur les toreros dans les arènes de Las Ventas, à Madrid, comme pour narguer la gauche au pouvoir et ses discours anticorrida.

Ils “s’indignent” lorsque leurs adversaires politiques les qualifient de “racistes, sexistes ou homophobes”, ou considèrent que leurs idées représentent un danger pour “les libertés civiles de la démocratie espagnole moderne”, développe le New York Times.

Dans le même temps, ils ne manquent pas une occasion de fustiger les “excès” du féminisme, du multiculturalisme et des politiques progressistes.

Un cocktail qui, selon eux, serait “une menace pour l’identité traditionnelle de l’Espagne”, ajoute le quotidien de centre gauche new-yorkais.

Journaliste du titre espagnol El País, Raquel Peláez s’est intéressé à cette nouvelle vague chic “ultraespagnole et ultramadrilène” qui exècre le “perrosanchisme” – jeu de mots entre le perro (“chien”) et le Premier ministre socialiste espagnol, Pedro Sánchez, surnommé péjorativement de la sorte par la droite – et “les autres formes de wokisme”.

Dans un livre intitulé Quiero y no puedo (“Je veux, mais je ne peux pas”, éd. Blackie Books, 2024), elle démontrait que le cayetano était une sorte de dérivé (avec quelques nuances) du pijo, le bon chic bon genre à l’espagnole.

En somme, un “bon vivant”, qui aime la corrida et regrette l’“élégance désuète d’antan”.

“L’habit ne fait pas le moine ni son opinion politique”, nuance pour sa part le New York Times. Sauf si, sourit ABC, le cayetano porte une doudoune sans manches, un “fachaleco” (de facha, “facho”, et chaleco, “gilet”).—

Valentin Scholz
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