En avril dernier [du 24 au 26 avril 2026], Mswati III, roi d’Eswatini et dernier monarque absolu d’Afrique subsaharienne, a fêté ses 40 ans de règne. Des millions d’emalangeni [la monnaie locale] ont été engloutis dans la somptueuse fête organisée à l’Ezulwini Palazzo, un hôtel de luxe flambant neuf, tandis qu’au palais royal de Lozitha, le souverain s’est vu offrir des cadeaux tout aussi hors de prix par de grandes entreprises, pour certaines publiques.

Les dignitaires de nombreux pays voisins, chefs d’État en exercice ou anciens présidents, étaient au rendez-vous. Quant au président taïwanais, Lai Ching-te, incapable de se joindre à la fête sous la pression chinoise, il a finalement pu venir en catimini à bord du jet privé royal, aux frais du contribuable. Tout l’appareil d’État a redoublé d’efforts pour convaincre le pays, et le reste du monde, qu’il y avait de bonnes raisons de se réjouir.

Certes, il y a bien eu quelques réussites. Certaines infrastructures du quotidien ont été améliorées, les progrès agricoles ont renforcé la relation avec Taïwan, et certains secteurs économiques ont prospéré. Voilà des réalisations qui méritent d’être saluées.

Pour autant, si l’on veut dresser un bilan honnête de ce règne, il faut poser les questions qui fâchent. Les Eswatiniens ordinaires