LETTRE D’ADDIS-ABEBA
Une marée de tenues blanc, noir et rouge a envahi Meskel Square, place centrale et névralgique d’Addis-Abeba. Ce 3 octobre, venues de toute l’Oromia, la plus grande région d’Ethiopie qui entoure la capitale, des dizaines de milliers de personnes célèbrent Irreecha, le festival ancestral de la culture oromo, en musique, en danses et en chansons.
Dans la rivière qui traverse le parc non loin de là, chacun vient rendre grâce à Wakaa, dieu source de vie, pour la fin de la saison des pluies et l’arrivée du printemps. Ce culte transcende les religions chrétienne orthodoxe et musulmane, implantées en Oromia il y a déjà plusieurs siècles.
Abdii (il n’a pas souhaité donner son nom de famille), jean et tunique blanche à paillettes rouges et noires, ne manquerait l’événement pour rien au monde. « Quand j’étais petit, on faisait la fête à la maison, en famille, car il n’y avait pas de célébration publique comme celle-ci, se souvient-il. Mais, depuis la fin des années 1990, tous les ans, on est des milliers. C’est une fête très joyeuse. Dans les temps difficiles comme en ce moment, cela fait du bien d’être ensemble. » Depuis le 23 septembre, la guerre a repris dans le nord de l’Ethiopie, après une offensive d’ampleur menée par une nouvelle alliance de groupes armés. « Et puis on est fiers de montrer notre singularité, fiers de notre culture. »
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