Ferdusa rabat son long foulard vert et jaune et se baisse pour décrocher quelques tomates. Les plants s’alignent sur une vingtaine de mètres, enracinés dans une terre ocre et sablonneuse. Depuis deux ans, cette Ethiopienne, mère de quatre enfants, passe ses journées à cultiver ses deux hectares de terre situés à Cilaan, en région Somali, où poussent en abondance oignons, poivrons et maïs. Il y a encore cinq ans seulement, elle était loin d’imaginer se retrouver là un jour.
Originaire de cette région de l’est du pays, Ferdusa (qui n’a pas souhaité donner son patronyme) a grandi dans une famille nomade de la communauté pastorale. Mais ces quinze dernières années, les épisodes de sécheresse, de plus en plus intenses et de plus en plus long, ont affecté son quotidien. « En 2020, on a perdu 30 bêtes. Elles sont mortes de faim, se souvient-elle, le visage fermé. Ça a été un déclic. On ne pouvait plus vivre comme on l’avait toujours fait. »
Ferdusa et son mari font tout pour conserver les 10 animaux qu’il leur reste. En parallèle, ils achètent en commun avec d’autres, un générateur, une pompe et des semences potagères. Le but : puiser l’eau de la rivière Shebelle, pour irriguer une parcelle et la cultiver. Ces dernières années, le cours d’eau est devenu une ressource essentielle pour les éleveurs qui se lancent dans l’agriculture, malgré un débit fluctuant. Entre la saison sèche et les périodes de pluies, son débit peut être multiplié par dix, selon un rapport de l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA). Des systèmes de pompage et de stockage sont donc indispensables pour une irrigation en continue des cultures.
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