D’abord le choc, puis l’inquiétude. Selon une nouvelle étude sur la démographie, publiée le 21 septembre et largement commentée dans les journaux grecs, le nombre de naissances dans le pays a chuté de 42 % entre 2009 et 2024.
“En seulement quinze ans, le nombre de naissances s’est effondré”, s’alarme Ta Nea. La Grèce est passée de 117 000 naissances annuelles à 67 000, ce qui a provoqué un véritable déclin démographique. “Derrière ce pourcentage se cache un changement bien plus profond : moins de femmes en âge de procréer, moins d’enfants par famille et un report constant de la maternité”, ajoute, inquiet, le quotidien centriste.
Disparités régionales
Les régions du nord et du centre de la Grèce sont les plus durement touchées, avec une baisse des naissances de 50 % sur la période à Kozáni et à Flórina (en Macédoine-Occidentale) ainsi qu’en Eurytanie (dans la région de Grèce-Centrale).
Le chercheur de l’Institut de recherches démographiques Byron Kotzamanis – qui publie l’étude –, souligne auprès d’I Kathimerini que les facteurs sont multiples : économiques, sociaux, liés aux services publics et plus largement aux incertitudes quant à l’avenir.
“Le coût de l’éducation d’un enfant semble être un facteur déterminant. Ce coût varie considérablement d’une zone à l’autre en fonction du contexte local, notamment par rapport aux centres urbains”, précise le chercheur.
Dans certaines îles, le phénomène n’est pas aussi alarmant, et, dans de rares cas, on compte plus de naissances que de décès. L’île de Naxos, dans les Cyclades, archipel situé en Égée-Méridionale, fait ainsi partie des rares régions grecques ayant enregistré une augmentation de sa population lors du dernier recensement.
Dynamisme économique et qualité de vie
“Une économie locale saine ne repose pas uniquement sur le tourisme, comme on pourrait le supposer en apprenant que les naissances se maintiennent dans le Dodécanèse [autre archipel de l’Égée-Méridionale], les Cyclades et en Crète, mais aussi sur la production primaire et les services développés pour une population qui vit dans ces régions toute l’année”, explique I Kathimerini.
L’activité à Naxos n’est pas que saisonnière et offre un cadre de vie qui permet l’installation permanente sur l’île. Le dynamisme économique et les possibilités d’emploi qu’offre la Crète expliquent pourquoi, dans trois des quatre préfectures de l’île, le nombre de naissances dépasse celui des décès.
“De nombreux visiteurs et étudiants décident de s’installer en Crète lorsqu’ils constatent qu’ils peuvent y trouver un emploi et vivre mieux que dans une grande ville”, explique Giorgos Marinakis, maire de Réthymnon, au grand journal de centre droit.
Une note d’espoir et une possible voie à suivre pour le pays, dont la population est passée de 11,1 millions d’habitants en 2010 à 10,4 millions en 2025. “Il apparaît donc que le problème démographique n’évolue pas de la même manière sur l’ensemble du territoire grec. La carte du pays se transforme”, résume Proto Thema.
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