Valeur du corail rouge récemment pêché illégalement par des trafiquants italiens en mer Égée : 800 000 euros. Ce marché noir florissant, qui sert à la fabrication de bijoux, pourrait peser au total des centaines de millions d’euros. “Le corail rouge est l’une des ressources marines naturelles les plus précieuses”, note d’emblée Kathimerini.

“Son prix est déterminé par son poids en carats, explique le grand quotidien grec. Les coraux rouges de qualité inférieure coûtent entre 10 et 40 dollars le carat, tandis que le prix des coraux de qualité moyenne s’étale entre 50 et 150 dollars le carat. Quant aux coraux rouges italiens, considérés comme le haut de gamme, leur prix peut dépasser 1 000 dollars le carat.”

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Au large de Skopelos, des braconniers ont fait des îles Sporades leur zone de pêche illégale privilégiée, avant de transférer le corail dans le sud de l’Italie, où il alimente les joailleries.

Deux scientifiques interrogés par le quotidien grec s’accordent à dire que la pêche au corail rouge est “dévastatrice pour l’espèce et pour l’écosystème marin tout entier”. Ce corail se caractérise notamment par une croissance très lente, “ce qui explique la difficulté pour reconstituer les populations”, précise le journal. Le corail rouge ne grandit en effet que de 0,2 millimètre par an et il faut une trentaine d’années pour qu’il atteigne une taille permettant de le pêcher.

Un réseau d’une ampleur inédite

En Grèce, seulement dix permis sont octroyés chaque année pour la collecte légale des coraux, une activité strictement encadrée pour qu’elle ne constitue pas une menace pour l’espèce. Ces permis sont accordés pour cinq ans d’exploitation, avant une interruption de vingt ans pour permettre le rétablissement du récif.

“La diversité des reliefs marins grecs favorise le développement du corail rouge, malheureusement menacé par la pêche illégale et aujourd’hui considéré comme une espèce extrêmement vulnérable”, explique Maria Salomidis, chercheuse et plongeuse scientifique à l’Institut d’océanographie du Centre hellénique de recherche marine (HCMR), au média en ligne Voria.gr.

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Par ailleurs, la Grèce ne dispose pas d’une cartographie précise des coraux rouges présents dans ses eaux. Mais “ce que les scientifiques ignorent, les collecteurs illégaux de coraux semblent le savoir, et avec une grande précision”, regrette le média local grec.

Les réseaux de contrebande font appel à des plongeurs spécialisés et particulièrement bien équipés pour plonger dans les profondeurs de la mer Égée à l’abri des regards. “Sous couvert de vacances d’été et en louant, en guise de ‘vitrine’, un bateau de plaisance”, les trafiquants italiens avaient transformé les Sporades en un terrain de récolte illégale de corail rouge”, raconte To Vima.

Des outils de coupe spéciaux, du matériel de plongée et des zones de maintenance et de stockage improvisées ont également été découverts par les enquêteurs, poursuit l’hebdomadaire grec. L’absence d’une cartographie précise et de contrôles pourrait avoir favorisé la formation d’un réseau d’une ampleur inédite.