Huit aéroports fermés, bloquant 170 000 voyageurs, et des écoliers contraints de suivre leurs cours à distance dans de multiples régions : l’éruption de l’Anak Krakatau, survenue le 4 septembre, dans le détroit de la Sonde, entre Sumatra et Java, se ressent jusque dans la capitale indonésienne.
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Le volcan est le sixième de l’archipel à être entré en éruption en quelques jours depuis la fin d’août, après l’Ibu, le Semeru, le Lewotobi Laki-laki, le Sinabung et l’Ile Lewotolok. Ces phénomènes obéissent toutefois à des processus géologiques distincts, d’après les scientifiques, rappelle Tirto.id.
Sur les images partagées sur YouTube par l’agence Associated Press, on peut voir, depuis un navire, des gerbes rouges et orangées être projetées depuis le cratère l’Anak Krakatau.
Les panaches volcaniques ont atteint entre 13 et 17 kilomètres d’altitude, un niveau déjà à la limite supérieure de la troposphère, la plus basse couche de l’atmosphère de la Terre, alerte Erma Yulihastin, professeure de climatologie à l’Agence nationale de recherche et d’innovation (BRIN), citée par l’édition indonésienne de la BBC.
Chaque jeudi, les pistes de la presse étrangère pour agir face au dérèglement climatique et s’adapter
Jakarta sous les cendres
À Tangerang, à l’ouest de Jakarta, les véhicules et les cours des maisons se retrouvent déjà couverts d’une fine pellicule grise, rapporte le média Inilah. Au-delà de la perturbation du trafic aérien, ces cendres exposent les populations à de multiples risques sanitaires, d’une simple toux à l’aggravation de maladies pulmonaires chroniques telles que l’asthme bronchique et la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO).
Ces cendres tombent sur un ciel déjà encombré par les fumées des feux de forêt qui sévissent à travers les îles de Sumatra et de Kalimantan, où l’indice de qualité de l’air grimpe jusqu’à 700 – plus du double du seuil à partir duquel l’échelle internationale de référence (AQI) juge l’air dangereux pour l’ensemble de la population.
Située sur la ceinture de feu du Pacifique, l’Indonésie est l’une des régions du monde les plus exposées à l’activité sismique et volcanique, avec 127 volcans actifs recensés. Mais sa gestion des catastrophes reste largement réactive, estime Erma Yulihastin, se limitant souvent à la création de cellules de crise ad hoc.
La chercheuse plaide sur le site de la BBC pour une cartographie multirisque dynamique, qui ne se limiterait pas aux aléas naturels eux-mêmes mais intégrerait aussi leurs conséquences sanitaires, humaines, écologiques et économiques, mobilisant météorologues, volcanologues, sismologues, écologues, professionnels de santé et économistes, et servirait de référence pour l’ensemble des politiques publiques.
Un objectif d’autant plus difficile à atteindre que les moyens reculent : en 2026, le budget de l’Agence nationale de gestion des catastrophes (BNPB) a subi une baisse de 75 % – la plus forte en quinze ans.
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