“Pas de progrès sans protestation”. C’est ce qu’on pouvait lire mardi 20 octobre sur les pancartes de militants de Greenpeace Indonesia, perchés à 30 mètres de haut sur le monument Selamat Datang (“Bienvenue”, en indonésien), sur l’une des plus grandes places de Jakarta, au-dessus de deux immenses banderoles dénonçant l’inaction du gouvernement de Prabowo Subianto (dit “Prabowo”).

Quelques heures plus tard, des centaines d’étudiants venus de Jakarta, Yogyakarta, Bandung et même Makassar ont envahi les rues, avec des revendications allant de la protection environnementale aux politiques économiques et sociales. En tête du cahier de doléances : la reconnaissance des incendies de forêt en cours comme catastrophe nationale (2 millions d’hectares brûlés en neuf mois) et la poursuite des entreprises responsables, mais aussi des mesures contre la hausse des prix, l’intervention de l’armée dans les affaires civiles, les atteintes à la liberté d’expression, la corruption et un meilleur accès à l’éducation et aux soins.

Popularité en chute libre

La mobilisation intervient alors que la popularité de Prabowo s’effondre. Selon un récent sondage cité dans The Jakarta Post, sa cote de popularité est tombée à 44,5 % en octobre, son plus bas niveau depuis son arrivée au pouvoir, contre plus de 8