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Géopolitique

« En Italie, Giorgia Meloni joue avec les règles électorales, au risque de fragiliser la démocratie »

La Chambre des députés italienne a adopté, jeudi, une réforme électorale imaginée par la présidente du conseil pour consolider son pouvoir. Une stratégie court-termiste qui risque finalement de la desservir tout en menaçant la démocratie, analyse la professeure de droit public Nicoletta Pe

« En Italie, Giorgia Meloni joue avec les règles électorales, au risque de fragiliser la démocratie »
HaitiCreoleRadio.com

Une loi électorale écrite pour faire gagner une majorité peut finir par la desservir. Plus grave encore, elle peut fragiliser la démocratie qu’elle prétend stabiliser. C’est le paradoxe de la nouvelle réforme électorale voulue par le gouvernement de Giorgia Meloni, la cinquième adoptée en Italie depuis 1993, que la Chambre des députés italienne a adopté, jeudi 8 octobre. Présentée comme une réponse à l’instabilité électorale presque sans équivalent en Europe, elle répond en réalité à un enjeu politique immédiat : assurer à la majorité sortante les meilleures conditions pour aborder les élections législatives de 2027.

Lors du scrutin de 2022, Giorgia Meloni avait bénéficié de la division du centre gauche, dont le système électoral avait amplifié les effets. Rien ne garantissant que cette configuration se reproduise, la présidente du conseil a entrepris de modifier les règles du jeu. Elle a d’abord tenté d’instaurer, par une révision constitutionnelle, l’élection directe du chef du gouvernement. La réforme s’étant enlisée, sa majorité s’est tournée, en mars, vers la loi électorale.

Baptisée « Stabilicum », la nouvelle loi laisse transparaître, à travers ses mécanismes, le calcul de la majorité. Elle supprime d’abord la part de circonscriptions uninominales prévues par le système précédent, qui aurait pu avantager un centre gauche réuni.

Elle leur substitue un scrutin entièrement proportionnel, assorti d’une puissante prime majoritaire : la coalition arrivée en tête avec au moins 42 % des suffrages peut obtenir jusqu’à 55 % des sièges à la Chambre des députés et 56,5 % au Sénat. Un avantage d’autant plus considérable que le Parlement élira, en 2029, le prochain président de la République. Une large majorité pourrait alors permettre à Giorgia Meloni de faire élire un président moins susceptible de faire contrepoids à son gouvernement que ne l’a été Sergio Mattarella [chef de l’Etat depuis 2015].

Crise de la représentation

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