Un complexe sidérurgique turco-libyen de 2,5 milliards de dollars [2,2 milliards d’euros], des délégations industrielles françaises, des entreprises égyptiennes orientées vers les marchés africains. De plus en plus, la ville de Benghazi se positionne comme bien plus qu’un simple bastion de Khalifa Haftar [l’homme fort de l’Est libyen], s’imposant comme un pôle d’investissement dans un pays qui reste divisé entre deux centres de pouvoir rivaux.
Si Tripoli [dans l’Ouest, où siège le Gouvernement d’unité nationale (GNU), reconnu par l’ONU,] reste le cœur administratif et financier du pays, Benghazi [fief du gouvernement rival dit “de stabilité nationale” et soutenu par Khalifa Haftar] consolide de plus en plus son statut de plateforme d’investissement.
“Cela se produit en réalité depuis plus de sept ans”, explique Jason Pack, président de Libya-Analysis et auteur de Libya and the Global Enduring Disorder [“La Libye et le désordre mondial durable”, inédit en français]. Avant même l’offensive lancée par Khalifa Haftar sur Tripoli en 2019, les autorités de l’Est s’appuyaient déjà sur des institutions telles que l’Autorité des investissements militaires pour attirer des entreprises étrangères et financer la reconstruction de Benghazi et de Derna [toutes deux situées en Cyrénaïque, ces
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