Lunettes de soleil violettes, barbe broussailleuse et sueur au front, Benoît Dufay a l’air d’un rockeur perdu au beau milieu de ce verger planté de jeunes arbres et entouré de forêts. Il n’est pas encore 10 heures que cette matinée d’avril, sous le soleil généreux, ressemble déjà à un après-midi d’été.

“Ici, depuis 2018, nous voyons le climat changer encore plus vite que ce que les scientifiques avaient prévu”, raconte l’agronome. Ici, c’est La Bastidonne, un village qui ne compte même pas 1 000 habitants dans le Vaucluse, en Provence, cette région du sud-est de la France au bord des eaux méditerranéennes. La Bastidonne se trouve au milieu de ce que les scientifiques considèrent comme un foyer du dérèglement climatique, une zone où il se manifeste plus vite et plus violemment qu’ailleurs. C’est de fait ici que les températures estivales grimpent le plus en France. “Le réchauffement planétaire et les sécheresses de plus en plus marquées bouleversent complètement la région”, explique Benoît Dufay.

“Dans l’agriculture, nous passons notre temps à essayer de nous adapter, mais le climat change plus vite que nous.”

La Provence a l’image d’un petit paradis vallonné et coloré, baigné par une lumière sans pareille, qui a ravi nombre de peintres à commencer par Vincent Van Gogh. De nos jo