Face au Kremlin, c’est leur façon de s’opposer. Le 3 septembre, deux semaines avant des élections législatives gagnées d’avance par le parti de Vladimir Poutine, ils étaient quelques dizaines de personnes rassemblées devant le tribunal de la rue Vostochnaïa, un quartier sud de Moscou. Dans un pays où la répression contre toute voix critique s’est renforcée après plus de quatre ans de guerre en Ukraine, il est de facto interdit de manifester. Mais rien n’empêche de se retrouver pour les audiences judiciaires des opposants arrêtés, alors que les défenseurs des droits humains comptent entre 3 000 et 5 000 prisonniers politiques.
Ce jour-là, Lida Moniava, 38 ans, dirigeante respectée d’une organisation humanitaire pour enfants malades, était convoquée au tribunal de quartier de la rue Vostochnaïa. Arrêtée la veille, poursuivie pour « diffusion de fausses informations », elle est accusée d’avoir critiqué les agissements de l’armée russe en Ukraine.
Sur Internet, puis dans la rue, la mobilisation a été intense pour soutenir cette figure suivie par des dizaines de milliers de personnes sur les réseaux sociaux. Lida Moniava a finalement été libérée, mais elle est placée sous strict contrôle judiciaire, en attendant son procès au terme duquel elle encourt jusqu’à dix ans de prison.
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