Au début d’une nouvelle vague de chaleur en Serbie, jeudi 20 août, les pompiers luttent contre un immense feu qui a embrasé Deliblatska pescara, une vaste zone sablonneuse située à une soixantaine de kilomètres à l’est de Belgrade et proclamée réserve naturelle depuis 1965. Les autorités serbes ont précisé qu’en soutien, un avion bombardier d’eau avait été dépêché par la Russie.
Depuis le 5 août, cet incendie a brûlé plus de 3 600 hectares de végétation, dont 30 % de forêts. Attisées par un vent fort, les flammes se sont intensifiées depuis mercredi. Elles ont menacé jeudi un petit hameau en lisière de la réserve, obligeant les autorités à ordonner l’évacuation de ses habitants, a rapporté la télévision nationale, sans communiquer le nombre de personnes concernées. Les logements ont été préservés à ce stade.
« La situation reste difficile. Plus de 435 personnes sont mobilisées », a déclaré le ministre de l’intérieur Ivica Dacic, qui s’est rendu sur place avec le premier ministre Djuro Macut. « Nous avons suffisamment de véhicules, mais le terrain est difficilement accessible, à cause de la végétation et d’un sol sableux, ce qui fait qu’ils ne peuvent pas s’approcher des foyers », a-t-il ajouté.
En plus des pompiers, des militaires sont aussi déployés. Une vingtaine d’autres incendies sévissent à travers le pays, selon un communiqué du ministère de l’intérieur serbe.
Températures autour des 42 °C
A la demande de Belgrade, le ministère de la défense civile russe a envoyé en renfort un bombardier d’eau Iliouchine qui intervient dans la zone sinistrée depuis jeudi matin. L’avion, d’une capacité de 42 000 litres d’eau, soit environ six fois plus importante que celle d’un Canadair, a effectué à ce stade trois largages.
« Cela représente 120 000 litres d’eau. Mais même cela n’est peut-être pas suffisant. Peu de gens mesurent réellement la gravité de la situation, en raison du sable, de la chaleur et des températures extrêmes », a expliqué M. Dacic.
Une nouvelle vague de chaleur s’est abattue jeudi sur les Balkans, avec des pics de températures autour de 42 °C en Serbie. Un contexte qui crée des conditions extrêmes, favorisant le déclenchement et la propagation des incendies.