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Géopolitique

En tournée en Amérique latine, Marco Rubio promet une « coopération sans précédent » avec la Colombie

Le déplacement du chef de la diplomatie américaine doit se poursuivre en Equateur puis au Pérou, deux pays dirigés par des gouvernements conservateurs avec lesquels Washington cherche à approfondir ses liens politiques, économiques et sécuritaires.

En tournée en Amérique latine, Marco Rubio promet une « coopération sans précédent » avec la Colombie
HaitiCreoleRadio.com

Le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio, arrivé en Colombie mardi 8 septembre pour une brève tournée en Amérique latine destinée à conforter l’influence de Washington dans la région, a promis de resserrer les liens avec Bogota après quatre années de gouvernement de gauche.

Ce déplacement en Colombie, avant l’Equateur et le Pérou, intervient après une série d’élections qui ont porté au pouvoir des dirigeants de droite favorables aux Etats-Unis, offrant à Washington l’occasion de resserrer les liens sécuritaires et économiques avec ces pays et de contrebalancer l’influence croissante de la Chine.

Alternant entre anglais et espagnol et s’exprimant après une entrevue avec le président Abelardo de la Espriella, dans la ville caribéenne de Barranquilla, dans le nord de la Colombie, le chef de la diplomatie américaine a promis de reconstruire les relations entre les deux pays historiquement alliés, après la « distance » née sous le précédent gouvernement.

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Abelardo de la Espriella, tenant d’une droite dure, a succédé en août à Gustavo Petro, premier président de gauche de l’histoire de la Colombie, avec lequel l’administration Trump a entretenu des relations notoirement difficiles. Evoquant « quatre années de très mauvaise gestion », Marco Rubio a promis de « restaurer » les liens et d’amorcer une « coopération sans précédent » avec Bogota.

Le responsable américain a également vanté « l’énergie » et le « courage » du nouveau président colombien, qu’il connaît depuis plusieurs années, avant que l’avocat et riche homme d’affaires « perde la tête et n’entre en politique », a-t-il plaisanté.

Coopération militaire renforcée

Plus tôt dans la journée, il avait souligné, depuis Miami (Floride), que le virage à droite en Colombie comme dans d’autres pays latino-américains « s’inscrit dans une tendance que l’on observe dans l’hémisphère occidental, celle d’un alignement sur les Etats-Unis et les intérêts américains ». Les Etats-Unis et la Colombie ont également signé, mardi, des accords sur l’approvisionnement en minerais critiques et sur la coopération nucléaire civile.

Le dirigeant colombien a souligné que les deux pays reprenaient un partenariat historique « interrompu pendant quatre ans » et que Bogota ambitionnait de devenir le principal partenaire sécuritaire de Washington en Amérique du Sud. Depuis son entrée en fonction, début août, M. de la Espriella a renforcé la coopération militaire avec Washington et intensifié les opérations contre les groupes armés du pays impliqués dans le trafic de drogue.

La Colombie a en outre récemment intégré le « Bouclier des Amériques », la coalition de pays dirigée par Donald Trump pour lutter contre le trafic de drogue dans la région. Marco Rubio a annoncé dans une tribune que le Pérou avait fait de même. « Nous synchronisons nos efforts pour protéger notre hémisphère des menaces transnationales et régionales », s’est-il félicité.

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Depuis le retour du républicain à la Maison Blanche, en janvier 2025, plusieurs pays d’Amérique latine – parmi lesquels l’Argentine, la Bolivie, le Chili, la Colombie, le Costa Rica, l’Equateur et le Honduras – ont amorcé ou confirmé un virage conservateur.

Washington affiche clairement sa volonté d’hégémonie sur le continent sud-américain, au nom de la « doctrine Donroe », une contraction du prénom de l’actuel président américain et du nom de James Monroe, le cinquième président des Etats-Unis, qui avait, il y a plus de deux siècles, désigné l’Amérique latine comme étant la chasse gardée de son pays.

L’Equateur puis le Pérou

Ce déplacement en Amérique latine survient par ailleurs quelques jours après que les Etats-Unis ont conclu, sept mois après la capture de Nicolas Maduro, un accord qui les verrait prendre le contrôle majoritaire de plus de 65 milliards de barils dans les réserves de pétrole du Venezuela. Ces réserves « étaient sous le contrôle de la Chine, de la Russie et de l’Iran », a affirmé M. Rubio, jugeant qu’elles « seront bien mieux entre les mains des Etats-Unis ».

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Après la Colombie, le secrétaire d’Etat américain doit se rendre en Equateur, pays dirigé par Daniel Noboa, un proche allié. Washington et Quito sont engagés dans des opérations contre des bateaux liés, selon eux, au groupe criminel Los Choneros, impliqué dans le trafic de drogue. La dernière étape du voyage de Marco Rubio est prévue au Pérou, où la présidente de droite Keiko Fujimori, investie fin juillet, mène une politique en phase avec celle du président américain.

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Le Monde avec AFP

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