L’un des journaux en ligne les plus sérieux en Turquie, . Un nouveau type de censure se confirme, désormais algorithmique. Parmi les 118 contenus invoqués, mercredi 30 septembre, par un juge de paix pénal d’Istanbul pour bloquer ce site d’information, deux sont signés Riza Türmen. Cet ancien diplomate a été, de 1998 à 2008, le juge de la Turquie à la Cour européenne des droits de l’homme, à Strasbourg. Le premier de ces textes commentait, en 2015, la décision de la Cour suprême des Etats-Unis sur le mariage homosexuel. Le second, paru en mai 2020, s’intitule « Le discours de haine ». Le ministère turc de la justice les range pourtant parmi les éléments de « propagande LGBT » que T24 aurait produits « au cours de l’année écoulée ». La liste remonte en réalité jusqu’à 2012, et sur les 57 auteurs incriminés, 22 n’écrivent plus pour le site depuis longtemps.
On y trouve aussi un entretien avec le politiste Fuat Keyman, mort depuis, sur le « siècle de la Turquie » cher au président Recep Tayyip Erdogan, une chronique d’Ertugrul Özkök se demandant si Atatürk (1881-1938) buvait du whisky, et une dizaine de textes écrits à la mi-septembre pour dénoncer l’opération policière contre les associations LGBT+ ainsi que contre des bars soupçonnés de débauche, opération au nom de laquelle le site a été rendu inaccessible.
Elle faisait donc un amalgame entre être LGBT+ et s’adonner à des pratiques sexuelles débridées, comme si les individus LGBT+ ne pouvaient avoir d’existence en dehors d’une relation sexuelle. Critiquer la répression devient la pièce qui la justifie, c’est une logique circulaire typique des régimes autoritaires. Cela rappelle le sort du comédien Deniz Göktas. Sur scène, celui-ci racontait avoir été le témoin de la trajectoire d’Erdogan, passé d’un dictateur timide à un dictateur épanoui, avant d’ajouter qu’il faudrait attendre quelques semaines pour le vérifier, selon que lui-même serait emprisonné ou non. Huit jours après la mise en ligne du spectacle, il était arrêté et emprisonné quatre-vingt-huit jours.
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