Ils sont 455 000 épargnants turcs à suivre avec anxiété la moindre annonce des autorités financières, attendant de savoir combien de leurs économies ils pourront récupérer. Même s’ils sont déjà conscients qu’ils devront faire une croix sur la plus grosse partie.

De longue date, une partie de l’opposition, de la presse et des analystes dénonçaient des fraudes et l’opacité des marchés financiers turcs. Peu à peu, l’inquiétude avait gagné les investisseurs étrangers, et la Turquie risquait de se voir radier du MSCI, l’indice mondial de référence pour les actions des marchés émergents. Les nouveaux règlements introduits pour l’éviter par le SPK, le gendarme boursier turc, ont précipité l’effondrement de fonds d’investissement douteux, résume BBC Türkçe.

L’étendue des dégâts est encore difficile à évaluer, mais à la mi-septembre, “en l’espace de deux jours seulement, le scandale a fait perdre quelque 30 milliards de dollars [26,3 milliards d’euros] au marché”, selon The Economist. Il apparaît, explique BBC Türkçe, que les gérants des fonds avaient, de manière artificielle, gonflé de manière absurde les prix de certaines actions qu’ils détenaient, avec des hausses allant jusqu’à 60 000 % sur trois ans.

Ces succès trop beaux pour être vrais ont attiré des petits investisseurs, appâtés