Jamais, de mémoire d’observateur, une opération policière d’une telle ampleur n’avait eu lieu contre la communauté LGBT+ en Turquie. Tôt dans la matinée, dimanche 13 août, des unités des forces de l’ordre ont procédé à de nombreuses descentes et arrestations dans des bars et aux domiciles de défenseurs de la diversité sexuelle et de genre à Istanbul, Ankara et dans une dizaine de provinces du pays.
La police a perquisitionné le siège de l’association Kaos GL, dans la capitale turque, ainsi que les domiciles de plusieurs de ses membres et responsables, plaçant plus de 10 personnes en garde à vue et saisissant ordinateurs, téléphones, tablettes, documents et disques durs. Le parquet d’Ankara a dit enquêter pour « obscénité » et « infraction à la loi sur les associations », en se fondant sur les contenus publiés sur le site et les réseaux sociaux de cette association pionnière en matière de défense des droits LGBT+.
Simultanément, police et gendarmerie ont visé des bars et des lieux fréquentés par la communauté à Beyoglu et Sisli, sur la rive européenne d’Istanbul, ainsi que des locaux d’autres associations. Samedi, une juge d’Istanbul a ordonné le blocage des sites de Kaos GL, de l’association 17 Mayis, d’ÜniKuir, de Pembe Hayat, de SPoD, de Genç LGBTI+, de Lambdaistanbul, de Muamma LGBTİ+ et de Velvele.net, ainsi que les comptes de plusieurs figures, dont Yildiz Tar, journaliste et rédacteur en chef du portail d’informations Kaosgl.org, Levent Piskin, avocat et défenseur des droits humains, et Seyhan Arman, actrice et militante pour les droits des personnes transgenres.
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