Une administration intérimaire au Tigré, région en proie aux combats depuis plusieurs semaines et qui était dirigée jusque-là par les rebelles du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), est mise en place, a annoncé le bureau du premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed sur Facebook, vendredi 16 octobre.
Cette nouvelle administration, qui devra en particulier « créer un climat politique stable pour organiser des élections libres et transparentes », gouvernera cette région septentrionale de l’Ethiopie « pour les six prochains mois ».
Le Tigré échappait depuis plusieurs mois au contrôle du gouvernement fédéral. La région, qui n’a pas participé aux dernières élections fédérales organisées le 1er juin, était dirigée par le TPLF. Ce parti non reconnu par Addis-Abeba a formé une alliance à la fin de fin septembre avec plusieurs groupes armés pour « renverser » le gouvernement d’Abiy Ahmed et s’est rapproché de l’Erythrée voisine, qui entretient des relations exécrables avec l’Ethiopie.
Entre 2020 et 2022, au moins 600 000 morts
Après de premières avancées, notamment en Afar, région voisine du Tigré, les troupes du TPLF ont été repoussées plus au nord et ont perdu le contrôle des grandes villes du Tigré. Elles ont quitté le 3 octobre la capitale du Tigré, Mekele, sans aucun combat.
« Afin que le peuple du Tigré puisse jouir d’une paix dont il a été privé, que son droit à l’autogestion soit garanti et qu’il puisse bénéficier des fruits du développement dont il a été privé ces dernières années, il doit sortir du cercle vicieux des conflits », a affirmé le bureau du premier ministre, précisant que le TPLF « n’a pas voulu la paix ».
Le Tigré a été dévasté entre 2020 et 2022 par une guerre sanglante (au moins 600 000 morts) qui a opposé les forces fédérales éthiopiennes, appuyées par des milices locales et l’armée érythréenne, aux forces du TPLF.
Un accord de paix, conclu à Pretoria, en Afrique du Sud, en novembre 2022, a fait taire les armes, mais des points-clés, comme le retour des centaines de milliers de déplacés, n’ont jamais été mis en œuvre. Dans l’actuel conflit, le TPLF est soutenu par l’Erythrée, qui est l’ennemie d’Addis-Abeba et a déployé récemment des milliers de soldats au Tigré. Ces derniers ont dû se replier, pilonnés par les drones de l’armée éthiopienne.