Dans le paisible paysage de maisons disséminées parmi les rizières où résonne le chant des rossignols japonais, une odeur d’huile de machine flotte dans l’air. Une pellicule aux reflets irisés marbre la surface du canal qui coule à nos pieds.
L’ancienne ville de Niitsu, aujourd’hui l’arrondissement Akiha de la ville de Niigata [au nord-ouest de Tokyo], était au début du siècle dernier la première productrice de pétrole du Japon, ce qui lui a valu le surnom de “village du pétrole”. Si l’extraction a cessé, du pétrole brut continue de jaillir du site de l’ancien gisement.
Une cuve de séparation a été installée dans le canal pour séparer le pétrole de l’eau, et une ou deux fois par semaine, une entreprise vient récupérer le pétrole qui s’y est accumulé. Ce dernier n’est cependant pas utilisé comme combustible ou matière première et n’approvisionne pas les habitants ; il est traité comme déchet industriel.
“Ce serait bien de pouvoir l’utiliser”, estime une riveraine. Autrefois, certains l’appliquaient sur les murs d’enceinte de leur maison pour les protéger de l’humidité et des insectes, mais cela ne se fait plus aujourd’hui en raison du risque d’incendie.
D’ordinaire, le pétrole ne s’échappe pas de la cuve de séparation, mais lors de fortes pluies, il déborde avec l’eau. Et lorsqu’
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