La trentaine de pompiers suisses dépêchés pour porter secours à leurs collègues français en Gironde sont arrivés dans un pays bien éloigné des habituelles caricatures. La colère ? Bien sûr, mais jusque-là contenue et nuancée par l’impérieuse nécessité de protéger. Les appels sempiternels à l’État ? Logiques face à l’urgence, mais sans les demandes excessives et déraisonnables habituelles. La solidarité ? Au rendez-vous dans toutes les communes affectées et leur périphérie. L’obéissance aux forces de l’ordre, même lorsqu’elles ont peut-être, parfois, été priées trop vite d’évacuer des zones menacées ? Presque sans nuage, y compris dans le sanctuaire très chic du Cap-Ferret.

Pourquoi énumérer ces réalités françaises face à ces incendies dévastateurs, dont le bilan risque encore de s’alourdir alors que se profilent de nouvelles journées de canicule ? Pourquoi mentionner cette mobilisation alors que plus de 150 personnes ont été interpellées ces dernières semaines pour départ de feu, preuves d’une criminelle incivilité ? Parce que le spectacle de la Gironde assiégée par les flammes démontre que le pays n’est pas dans l’état de déliquescence et de désordre si souvent pointé du doigt.

Au contraire. Le spectacle des agriculteurs girondins, au volant de leurs tracteurs sur les routes po