Une fois n’est pas coutume, le titre de une de la Tageszeitung (TAZ) est en cyrillique, ce 4 septembre 2026. “Va te faire foutre, Goethe !” titre le journal de gauche berlinois dans un russe approximatif. Une manière de montrer qu’en Russie l’Allemagne, sa langue et son patrimoine culturel sont loin d’être en odeur de sainteté.

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La veille, Moscou a annoncé des représailles aux sanctions allemandes visant la Maison russe de Berlin et le consulat de Russie à Bonn. Et elle a ciblé une institution bien connue des germanophiles : les instituts Goethe, chargés de promouvoir la culture allemande à l’étranger. Ses antennes sur le sol russe devront fermer leurs portes, a annoncé Sergueï Lavrov. “Tout d’abord parce que nous méritons le respect”, a déclaré en substance le ministre des Affaires étrangères russe.

Incompréhension mutuelle

Les instituts Goethe de Moscou, Saint-Pétersbourg et Novossibirsk faisaient déjà l’objet de restrictions, depuis l’expulsion hors d’Allemagne de diplomates russes accusés d’espionnage, lit-on dans un article d’analyse de la TAZ. Leurs effectifs avaient été réduits et ils n’étaient “plus en mesure d’avoir une présence culturelle importante depuis déjà trois ou quatre ans”. La décision visant ces centres reste donc symbolique, mais elle en dit long sur l’état des relations germano-russes.

“Cette fermeture ne va pas aider nos deux peuples à se comprendre”, commente la Tageszeitung sur sa une. Principal soutien de l’Ukraine, l’Allemagne accuse Moscou de mener des attaques hybrides dans la république fédérale, ce que nie le Kremlin. Le 1er septembre, le gouvernement de Friedrich Merz a affirmé que les trois drones découverts en août à l’aéroport de Leipzig-Halle étaient liés à la Russie.