Festival Gnaoua: Yasmine Hamdan, une tempête de grâce et d’émotions
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Dimanche 20 septembre, un tête-à-tête avec une icône de la musique du Liban est proposé. En juin dernier, la chanteuse Yasmine Hamdan offrait un concert hypnotique au public du festival Gnaoua d’Essaouira. L'artiste est puissante, élégante, touchante et une personnalité du Moyen-Orient.
Transgresser l’équilibre, oser le pas de côté qui pourrait tout bouleverser. Solaire, née dans un Liban en conflit, passée par le Koweït, la Grèce et Paris, Yasmine Hamdan a toujours dévoré le monde au gré de ses envies : « Le premier rêve que j’avais, c’était de chanter, mais j’étais très, très timide, donc c’était pour moi un rêve inatteignable. J’étais maladivement sensible et un peu sauvage donc j’étais introvertie mais je chantais en cachette et donc j’ai eu envie de faire de la musique très jeune. »
Soif de vivre, soif d’urgence malgré une fatigue intense. Yasmine Hamda, est du genre tenace. Bercée autant par les classiques de la musique arabe par son père, que par la pop des années 1970 par sa mère, la chanteuse a fait le choix de les consommer, pour intégrer les rythmes et les mélodies : « J’ai passé des années à écouter, des heures et des journées entières des morceaux arabes anciens, en boucle. J’ai commencé par (la chanteuse égyptienne) Asmahan avant de tomber dans la soupe de Mohammed Abdel Wahab. Pendant cinq ans, je n’ai écouté que ce chanteur, j’étais complètement obnubilé parce qu’Abdel Wahab, il expérimentait beaucoup et moi je m’inscris dans cet héritage d’expérimenter et d’essayer des choses. »
Triturer, malaxer, dénoncer : Yasmine Hamdan a ainsi fait de sa musique une expression politique dans laquelle chacun va chercher ce qui lui fait du bien. Dans un monde où nombreux se défaussent, rejettent la faute sur l’autre, Yasmine Hamdan porte dans son ADN cet amour du défi, cette volonté de placer l’émotion au cœur de notre réflexion : « Je pense que la culture est un langage qui a toujours circulé très librement. Quand on voit que certaines musiques du Soudan ressemblent beaucoup à certaines musiques qui viennent de la Chine, c’est assez fascinant, c’est un outil très flexible, très intéressant et qui, n’est pas ghettoïsé. Quand on ressent une émotion, ça suffit en fait. Ce qui guide, c’est l’émotion. »
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