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FRANCE | LITTÉRATURE — LE POINT — Thélyson Orélien, des Gonaïves à la rentrée littéraire française : « Ce qui me touche vraiment, c’est d’avoir été accueilli »

PARIS — Il écrivait depuis près de vingt ans avant que le grand public ne découvre son nom. À 38 ans, Thélyson Orélien, écrivain, juriste, journaliste et chroniqueur originaire des Gonaïves, s’impose avec C’était ça ou mourir, roman publié au Québec par les éditions du Boréal, pu

FRANCE | LITTÉRATURE — LE POINT — Thélyson Orélien, des Gonaïves à la rentrée littéraire française : « Ce qui me touche vraiment, c’est d’avoir été accueilli »
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1 septembre 2026
FRANCE | LITTÉRATURE — LE POINT — Thélyson Orélien, des Gonaïves à la rentrée littéraire française : « Ce qui me touche vraiment, c’est d’avoir été accueilli »
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FRANCE | LITTÉRATURE — LE POINT — Thélyson Orélien, des Gonaïves à la rentrée littéraire française : « Ce qui me touche vraiment, c’est d’avoir été accueilli »

  • by Rezo Nodwes
  • 31 août 2026
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PARIS — Il écrivait depuis près de vingt ans avant que le grand public ne découvre son nom. À 38 ans, Thélyson Orélien, écrivain, juriste, journaliste et chroniqueur originaire des Gonaïves, s’impose avec C’était ça ou mourir, roman publié au Québec par les éditions du Boréal, puis lancé en France par Grasset pour la rentrée littéraire. Dans un entretien accordé au magazine français Le Point, publié le 31 août, l’auteur raconte moins l’irruption soudaine d’un écrivain que l’aboutissement d’une longue fidélité à l’écriture.

Le parcours éditorial du livre est déjà remarquable. Publié au Québec en mars, arrivé dans les librairies françaises le 19 août, C’était ça ou mourir a remporté le Prix Méduse et le Prix Strasbourg et ses droits ont été vendus dans une vingtaine de langues, selon Le Point. Le magazine décrit une œuvre consacrée à la migration à travers Jonas Dorléon, personnage parti d’Haïti et engagé dans une traversée qui doit finalement le conduire jusqu’au Canada.

Chez Orélien, cependant, la littérature commence bien avant l’exil. Elle naît dans une maison où le livre appartient à la discipline quotidienne. Sa mère était institutrice ; son père, théologien et comptable, avait également enseigné et dirigé une école. Celui-ci rapportait des ouvrages de ses déplacements au Canada et aux États-Unis et avait institué pour ses enfants un programme régulier de lecture. Littérature, ouvrages scolaires et Bible constituaient ainsi une sorte de bibliothèque première. Orélien raconte avoir lu les Écritures intégralement selon cette discipline familiale.

Avant les mots, il y eut pourtant le dessin. Enfant, confie-t-il au Point, il voulait dessiner. Sa mère l’encouragea progressivement à traduire ses représentations en langage. L’école, puis des ateliers d’écriture suivis notamment à l’Alliance française, transformèrent cette disposition en travail littéraire. Pour lui, écrire ne procède pas seulement d’une aptitude : la littérature s’acquiert par la lecture, le travail et la reprise continuelle du texte.

Cette généalogie intellectuelle éclaire le choix de Jonas, personnage central du roman. Le prénom appartient à l’imaginaire biblique du voyage, de la fuite et de la survie. Orélien transpose cependant la métaphore dans la géographie contemporaine des migrations : son Jonas traverse le Darién, les frontières, les administrations et l’exil. Il rappelle également que Jonas signifie « colombe » en hébreu : symbole de paix et de liberté attribué, par une ironie littéraire assumée, à un homme poursuivi et enfermé par le monde qu’il traverse.

L’histoire personnelle de l’auteur rencontre nécessairement celle de son pays. Après le séisme du 12 janvier 2010, Orélien quitte Port-au-Prince pour rejoindre les Gonaïves, sa ville natale. Il y achève ses examens de droit avant son départ d’Haïti. Installé au Canada, il poursuit ensuite des études en économie et en politique, tout en développant une activité de journaliste et de chroniqueur. Observer, interroger, raconter : le journalisme devient chez lui une autre modalité du rapport au réel.

L’exil n’apparaît donc pas seulement comme déplacement géographique. Il impose une reconstruction de l’individu parallèlement à celle, impossible ou espérée, du pays quitté. « Je voyais bien qu’il fallait reconstruire les murs de Haïti, mais je sentais aussi qu’il fallait que je me reconstruise moi-même », explique l’écrivain au Point. Cette phrase donne peut-être une clef de lecture de son itinéraire : partir sans parvenir à soustraire Haïti de ce que l’on écrit.

Avec C’était ça ou mourir, Thélyson Orélien fait ainsi entrer dans la rentrée littéraire française une expérience haïtienne qui dépasse le seul récit national. Migration, frontière, survie, déracinement, hospitalité : le destin de Jonas rejoint une interrogation universelle sur la place accordée à celui qui arrive. Derrière le succès éditorial et les prix, l’auteur semble retenir quelque chose de plus élémentaire : « Ce qui me touche vraiment, c’est d’avoir été accueilli. »

Source : Le Point, entretien de Valérie Marin La Meslée avec Thélyson Orélien, publié le 31 août 2026.

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