En novembre 2024, Michael Kiwanuka sort Small Changes. Un quatrième album aux accents de blues, de rock psychédélique, de gospel par endroits, qui connaît un grand succès. Après une année de concerts, en octobre 2025, il explique sur Instagram avoir des problèmes de santé et être incapable d’assurer ses engagements musicaux.

Pendant un an, c’est le silence radio, jusqu’à fin septembre 2026. Toujours sur Instagram, le musicien confie avoir été victime d’un AVC et annonce la sortie d’un nouvel album, Fudge, le 23 octobre. C’est au quotidien britannique The Guardian qu’il choisit d’accorder sa seule interview pour parler de la maladie, mais surtout de sa musique.

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“C’est très émouvant de faire ça après avoir été malade, parce que je ne sais pas dans combien de temps je pourrai sortir un prochain album”, raconte-t-il à Jason Okundaye, journaliste au Guardian. Le musicien de 38 ans a été joint par téléphone à son centre de rééducation. Opéré d’urgence après un AVC hémorragique causé par une hypertension artérielle, Kiwanuka s’y reconstruit jour après jour, accompagné par sa femme, Charlotte Kiwanuka.

Comme l’explique Okundaye, “il tenait à s’exprimer même s’il est encore en convalescence. Il parle avec un débit lent et quelque peu haché. Évidemment, il n’est pas question de parler du traumatisme de son AVC.”

Alerter et guérir

Pourquoi sortir du silence maintenant ? “S’il y a bien quelque chose qui parle à tout le monde, c’est la lutte et la souffrance. C’est le point commun entre tous les humains. Je ne fais que partager les miennes”, répond le père de deux jeunes enfants.

D’autant plus que le risque d’hypertension artérielle est élevé chez les hommes noirs, continue-t-il :

“Si j’avais su, j’aurais consulté et j’aurais pris un traitement pour la tension. Aujourd’hui, je veux faire savoir dans la communauté des hommes noirs que ce risque existe.”
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Sur le chemin de la guérison, la musique a été salvatrice. Le chant, notamment, l’a aidé à récupérer du souffle et l’usage de ses cordes vocales. Et l’écriture lui a permis de s’exprimer sur les changements qu’il traversait, comme quand l’AVC a touché ses glandes lacrymales et le faisait pleurer en continu : “Donc j’ai écrit sur le fait de pleurer, sur le fait que c’était autorisé et comment on se sentait après. Ça fait du bien.”

“Fudge”, ou “renouer avec la liberté”

L’album qu’il s’apprête à sortir, Fudge, n’était pas au programme des exercices de rééducation : il a été terminé juste avant que l’AVC ne survienne. Porté par “un souffle d’optimisme et d’enthousiasme”, ce nouvel opus, souligne Kiwanuka, est “dans la lignée de [son] travail, qui fait la part belle aux mélodies, aux textes et à la voix, plutôt qu’à une grosse production”.

Ce 23 octobre marque donc une étape de plus vers la renaissance. Comme l’écrit Jason Okundaye, “la sortie de cet album est une façon de renouer avec la liberté et la joie auxquelles Kiwanuka tient tellement”.

Et le chanteur de conclure : “Un AVC peut vous priver de bien des choses, mais il ne peut pas vous enlever ces chansons. Ça me donne de l’espoir. La personne que j’étais existe toujours dans ces chansons et dans cette musique.”