Giorgia Meloni en parle depuis son arrivée au pouvoir en 2022 et le répète aujourd’hui alors que son mandat s’achève dans un an. Quarante ans après avoir abandonné l’atome, l’Italie, promet-elle, va renouer avec cette source d’énergie. « Nous avons rompu un tabou, nous avons rouvert la voie du nucléaire ! », a-t-elle lancé à ses partisans le 4 septembre, jour où son gouvernement a battu le record de longévité de l’histoire républicaine italienne, au bout de près de quatre ans d’existence.
Avec un bilan dépourvu de réforme significative sur le front économique en raison d’une discipline budgétaire qui lui a, toutefois, valu la faveur des marchés financiers, la présidente du conseil issue du néofascisme a renouvelé ce jour-là ses intentions au sujet d’une technologie qui évoque, dans les discours politiques, la puissance retrouvée, la souveraineté nationale et permet d’éluder la question des renouvelables, dédaignés par l’extrême droite européenne.
Cette ambition est devenue plus précise le 24 septembre, quand le Sénat a voté un texte donnant au gouvernement douze mois pour réécrire le cadre réglementaire du nucléaire. Le cabinet Meloni souhaite s’orienter vers le développement de petits réacteurs modulaires et de la fusion nucléaire, avec pour objectif la mise en route de réacteurs en 2033 ou 2034. Si Rome parle du nucléaire comme d’une solution innovante, une partie de l’opinion y voit plutôt un retour en arrière. Les Italiens ont en effet choisi par référendum de fermer les quatre centrales nucléaires du pays en 1987, après la catastrophe de Tchernobyl. Elles ne couvraient que 4 % de la production nationale d’électricité. Ce choix a été confirmé en 2011 après le désastre de Fukushima.
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