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Haïti face à elle-même : Essai sur la responsabilité nationale

Depuis quelque temps, on observe en Haïti et au sein de certaines communautés haïtiennes de la diaspora, la montée d’un discours qui, par découragement, par aveuglement ou par volonté manifeste de déresponsabiliser les politiciens et les entrepreneurs malhonnêtes, attribue la crise sécuri

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6 septembre 2026
Haïti face à elle-même : Essai sur la responsabilité nationale
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Haïti face à elle-même : Essai sur la responsabilité nationale

  • by Rezo Nodwes
  • 6 septembre 2026
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Depuis quelque temps, on observe en Haïti et au sein de certaines communautés haïtiennes de la diaspora, la montée d’un discours qui, par découragement, par aveuglement ou par volonté manifeste de déresponsabiliser les politiciens et les entrepreneurs malhonnêtes, attribue la crise sécuritaire actuelle à un complot extérieur.

Selon ces individus, l’insécurité orchestrée par les groupes armés et les gangs criminels qui ravagent le pays depuis des années serait le fruit d’un plan savamment monté par des puissances étrangères qui haïraient Haïti et convoiterait les richesses de son sous-sol.

Face à ce phénomène, je me permets d’apporter la réponse suivante : cette lecture de la crise haïtienne est non seulement ridicule, mais intellectuellement indigne. Aborder sous cet angle une crise qui perdure depuis près de sept ans relève d’une démarche simpliste. En langage académique, les auteurs de tels discours sont qualifiés de complotistes.

Permettez-moi, au-delà de ce débat que je considère comme stérile, de vous exposer les véritables causes de la situation actuelle.

Premièrement, il faut rappeler que depuis l’assassinat de l’Empereur Jean-Jacques Dessalines, Père fondateur de notre République, la société haïtienne fait face à de profondes tensions politiques marquées par la division, la corruption, l’impunité, l’assassinat et la trahison. À cela s’ajoutent les catastrophes naturelles qui ont frappé le pays au cours des dernières décennies, sans qu’aucune réponse technique et durable n’ait jamais été apportée par l’État pour en prévenir la reproduction.

Deuxièmement, au cours des cinquante dernières années, près de 95% des dirigeants qui se sont succédé à la tête de l’État étaient des hommes sans vision, donc incompétents pour assumer une si lourde responsabilité. Ils arrivent au pouvoir avec leurs propres crises institutionnelles et en repartent en en créant de nouvelles.

Enfin, la catastrophe la plus récente, survenue au cours des dix dernières années, est l’arrivée d’amateurs et d’individus immoraux à la tête des affaires de l’État. Des personnalités issues de tous les secteurs, sans aucune compétence politique et sans aucune préparation préalable, ont eu l’opportunité de briguer des postes majeurs tels que la Présidence, le Sénat et la Députation. Avec la complicité de personnalités que l’on n’aurait jamais pu soupçonner, ils sont parvenus à contourner le système et à s’emparer du pouvoir d’État.

Ce sont toutes ces failles et ces erreurs accumulées par nos soi-disant élites qui se sont transformées en une grande crise sociétale. Celle-ci a finalement explosé à travers toutes les institutions, publiques comme privées, et nous place dans cette situation lamentable depuis plus de six ans. Cessons donc avec ce discours qui nous déresponsabilise et qui fait des étrangers les coupables de nos propres bêtises.

Quant à la communauté internationale ou aux pays de la région, seuls les naïfs peuvent penser qu’un État doit en traiter un autre avec pitié. Depuis que j’ai acquis une certaine maturité politique et une compréhension du monde, j’ai compris que même entre pays alliés, il existe de la méfiance et que les relations internationales sont fondamentalement basées sur le rapport de force. Chaque État cherche d’abord à assurer la nourriture, le bonheur, la prospérité et l’avenir de son propre peuple.

À ce stade, les étrangers ne nous doivent rien. Si nous avons choisi des imbéciles pour nous diriger et nous représenter dans les grandes instances mondiales, ils n’en sont pas responsables.

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