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Haïti : Il était une fois un vaste scandale politico-financier appelé l’affaire PetroCaribe (Troisième partie)

Par Robert Lodimus Ce sont la corruption socioéconomique et l’ambition politique indécente qui ont fissuré la fondation de la République d’Haïti. __________________________________ « Il a fallu des siècles pour rendre justice à l’humanité, pour sentir qu’il est horrible que le grand

Haïti : Il était une fois un vaste scandale politico-financier appelé l’affaire PetroCaribe (Troisième partie)
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14 août 2026
Haïti : Il était une fois un vaste scandale politico-financier appelé l’affaire PetroCaribe (Troisième partie)                                
Actualités Société

Haïti : Il était une fois un vaste scandale politico-financier appelé l’affaire PetroCaribe (Troisième partie)                                

  • by Rezo Nodwes
  • 14 août 2026
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 Par Robert Lodimus

Ce sont la corruption socioéconomique et l’ambition politique indécente qui ont fissuré la fondation de la République d’Haïti.

 « Il a fallu des siècles pour rendre justice à l’humanité, pour sentir qu’il est horrible que le grand nombre semât et que le petit nombre recueillît. »
Voltaire

     Il n’y a pas eu un seul gouvernement haïtien qui ait été épargné par les étiquettes qui font l’objet de cette réflexion plantureuse! D’ailleurs, L’État de 1804, au lendemain même de sa naissance s’est retrouvé coincé, prisonnier d’un  cul-de-sac sociopolitique et économique, qui annonçait l’échouage de la nouvelle cité. Une société construite sur des arpents d’insécurité publique, sur des acres d’injustice sociale ne peut  déboucher que sur l’anarchie politique. Pas dans le sens développé par le théoricien socialiste Pierre Joseph Proudhon qui vécut de 1809 à 1865.

     Le substantif « anarchie » vient du grec « anarkhia ». On y retrouve le terme « arkhê » qui signifie « pouvoir », « principe », « commandement »… En y ajoutant le préfixe « an », on obtient « absence de principe », « absence de chef ou d’autorité », « absence de gouvernement », etc. [1]

     Dans son ouvrage « Qu’est-ce que la propriété privée? », Pierre Joseph Proudhon fournit deux définitions rationnelles, méthodiques du mot « anarchie ». Celle qui est liée à l’approche négative retient le « chaos », le « désordre » et l’ « anomie » inventée en 1893 par le sociologue Émile Durkheim, et qui réfère au « désordre social et/ou individuel ». La dernière explication renvoie à une forme de société sans une force de domination, sans maître, sans souverain, sans caste… Vous comprenez – peut-être – pourquoi nous avons hésité à parler du « concept de l’anarchie ». Ce terme couvre des champs d’interprétations vastes et diversifiés. Comme celui, par exemple, du mot « peuple ». Avec Pierre-Joseph Proudhon, il formalise l’anarchisme moderne et critique la propriété privée lucrative. Mikhaïl Bakounine l’utilise dans sa lutte contre l’État et la religion.  Alors que pour Piotr Kropotkine, il symbolise et développe l’idée de l’entraide naturelle dans le vivant.

     Le mot « anarchie » effraie autant qu’il fascine. Dans le langage courant, il évoque instantanément le chaos, les vitrines brisées, les manifestations violentes et le désordre social. Pourtant, derrière ce terme galvaudé se cache l’une des philosophies politiques les plus rigoureuses, et aussi les plus mal comprises  de l’histoire moderne. Le concept d’anarchie propose une réorganisation radicale de la société. Il est fondé sur une idée simple : l’être humain n’a pas besoin de maître pour vivre en harmonie. C’est donc le refus de l’autorité coercitive. Le pouvoir corrompt ceux qui l’exercent; il infantilise ceux qui le subissent.

     Nous n’aimerions pas poursuivre notre périple rédactionnel sur cette voie de considérations théoricophilosophiques avancées. Nous risquons de perdre la plupart de nos lecteurs. Nous y reviendrons une prochaine fois avec une approche explicative plus abordable, plus légère, et dans un espace de débat plus approprié. D’ailleurs, nous sommes en train justement de réfléchir, d’élaborer et de proposer dans l’ouvrage « Idées pour une Révolution mondiale » une nouvelle philosophie sociale, politique et économique baptisée le « sodaliciocratisme ». C’est un « concept nouveau » pour la naissance d’un « nouveau monde ». À ce stade de réflexivité, notre démarche ne fait que s’arc-bouter au mur d’une certaine « prétention  intellectuelle et méthodologique ». Confucius, duquel nous sommes « devenu » un humble adepte, recommande : « Écoute tout ce qui se dit autour de toi, et mets entre parenthèses les points douteux, parler avec prudence que du certain, tu es sûr de commettre peu d’erreurs. Regarde bien ce qui se fait autour de toi et évite les entreprises risquées pour ne t’aventurer que sur du solide, tu as peu de chance de t’en repentir. Or, quand on a peu à regretter pour ce qu’on a dit, et peu à se reprocher pour ce qu’on a fait, promotion et honoraires suivront naturellement. »

     L’existence de l’État bourgeois est une entrave au bien-être des classes ouvrières. Il faut donc remplacer cette entité scabreuse par un système altruiste, compatissant, qui soit capable de déconstruire les polarités heuristiques, de briser les clivages artificiels  qui fragmentent le fonctionnement des sociétés sur l’ensemble des continents et qui limitent la portée de l’action collective. Le « sodaliciocratisme » nourrit donc cette difficile – mais pas impossible – « prétention » pour Haïti.

     La corruption socioéconomique et l’ambition politique indécente ont fissuré la fondation de la République d’Haïti. Le combat héroïque de Jean-Jacques Dessalines visait la «Libération » générale des esclaves et des affranchis. Il faut voir cette « Libération » sous trois angles connexes : l’esclavage, l’humiliation et la misère. Les déportés africains travaillaient dans les plantations agricoles du matin au soir. Sans repos. Sans loisir. Sans nourriture adéquate. Pour renouveler leur énergie. Comme des animaux domestiques, ils étaient parqués dans des cases qui fragilisaient davantage leur état de santé déjà précaire. Pour les mulâtres et les Noirs libres – regroupés sous le statut d’affranchis – les difficultés résidaient principalement dans l’infériorité  de leurs conditions sociales, dont le caractère humiliant était exacerbé par le contraste avec l’opulence des « colons ». La population des affranchis – qu’elle soit constitutionnellement mulâtre ou noire libre – se heurtait à des barrières sociales discriminantes et insupportables. Pour les mulâtres, ce n’était pas facile de gérer les frustrations psychologiques qui découlaient d’un tiraillement identitaire profond, consécutif à leur double filiation : un père colonisateur et une mère noire esclave, exploitée, réduite à l’état bestial pour assouvir les caprices du « maître » à tous les niveaux. Les mulâtres ont donc commis un « parricide », en acceptant de se battre contre les « blancs » français dans la guerre de la « révolution saint-dominguoise (1791-1804 ».

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