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Haïti | La CEH doit maintenant agir : après le troisième décret sorti du laboratoire de Fils-Aimé, l’Église catholique ne peut plus servir de caution morale à l’impunité

Alix Didier Fils-Aimé fait désormais « partie du problème plutôt que de la solution » PORT-AU-PRINCE, samedi 10 octobre 2026 — La Conférence épiscopale d’Haïti (CEH), qui avait lancé, le 24 septembre dernier, un avertissement solennel sur la dégradation de la gouvernance nationale et

Haïti | La CEH doit maintenant agir : après le troisième décret sorti du laboratoire de Fils-Aimé, l’Église catholique ne peut plus servir de caution morale à l’impunité
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10 octobre 2026
Haïti | La CEH doit maintenant agir : après le troisième décret sorti du laboratoire de Fils-Aimé, l’Église catholique ne peut plus servir de caution morale à l’impunité
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Haïti | La CEH doit maintenant agir : après le troisième décret sorti du laboratoire de Fils-Aimé, l’Église catholique ne peut plus servir de caution morale à l’impunité

  • by Rezo Nodwes
  • 10 octobre 2026
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Alix Didier Fils-Aimé fait désormais « partie du problème plutôt que de la solution »

PORT-AU-PRINCE, samedi 10 octobre 2026 — La Conférence épiscopale d’Haïti (CEH), qui avait lancé, le 24 septembre dernier, un avertissement solennel sur la dégradation de la gouvernance nationale et les incertitudes électorales, se trouve désormais confrontée à une question institutionnelle particulièrement embarrassante : peut-elle maintenir son représentant au Conseil électoral provisoire (CEP) après les nouvelles modifications du décret électoral, qui assouplissent les exigences imposées à certaines personnalités frappées de sanctions étrangères ?

Le troisième passage au laboratoire des décrets du gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé alimente une controverse sur les garanties de probité électorale. La suppression de l’obligation de produire un certificat attestant l’absence de gel des avoirs à l’étranger pourrait notamment bénéficier à des personnalités sanctionnées par des États occidentaux, parmi lesquelles l’ancien président Michel Martelly et l’ancien président du Sénat Youri Latortue. Les sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies demeurent néanmoins un obstacle juridique à la candidature. Cette distinction entre sanctions nationales et onusiennes nourrit désormais un débat sur les critères d’intégrité applicables aux aspirants aux fonctions électives.

Le docteur Josué Renaud, directeur exécutif de la New England Human Rights Organization (NEHRO), avait déjà qualifié le processus d’« élections mort-nées ». Dès le 19 août, le défenseur des droits humains dénonçait les conditions politiques et sécuritaires entourant les candidatures annoncées. Sa critique prend une dimension supplémentaire avec la déclaration rendue publique le 7 octobre, dans laquelle son organisation préconise une recomposition du CEP et une révision de l’architecture gouvernementale.

Pour NEHRO, Alix Didier Fils-Aimé fait désormais « partie du problème plutôt que de la solution ». L’organisation demande son départ du pouvoir, considérant que les difficultés à organiser les élections ne sauraient justifier une prolongation indéfinie de la transition. Elle défend également la préservation des actes administratifs régulièrement accomplis, afin qu’une éventuelle restructuration institutionnelle ne provoque pas une nouvelle paralysie électorale.

« À leur place, j’aurais démissionné », avait également déclaré le Dr Renaud le 30 septembre, à propos des responsables du Conseil supérieur de la Police nationale (CSPN), après les révélations concernant James Boyard, conduit à l’hôpital par ses ravisseurs avant d’être ramené en captivité. Il avait alors réclamé la démission des membres du CSPN. Cette déclaration, initialement consacrée à la gestion sécuritaire, illustre la conception de la responsabilité politique défendue par le dirigeant de NEHRO : les responsables publics doivent répondre des défaillances institutionnelles constatées.

La position des évêques mérite désormais une attention particulière. Dans leur message du 24 septembre, les prélats demandaient quelles garanties de sécurité seraient offertes aux électeurs et s’interrogeaient sur les conditions d’un scrutin impartial, inclusif et transparent. Ils rappelaient également que la neutralité des institutions et la protection des citoyens devaient précéder les opérations de vote. Leurs réserves concernaient précisément les insuffisances que dénoncent aujourd’hui plusieurs organisations de défense des droits humains.

L’interrogation porte donc sur la présence de Patrick Saint-Hilaire, représentant de la CEH et ancien président du CEP. Sa participation à l’institution constitue-t-elle encore un moyen de défendre l’intégrité du processus de l’intérieur, ou risque-t-elle d’être interprétée comme une caution morale accordée à des décisions que l’épiscopat a publiquement questionnées ? NEHRO préconise la recomposition du Conseil électoral, sans avoir explicitement demandé, dans sa déclaration du 7 octobre, le retrait individuel du représentant catholique.

À cette controverse s’ajoutent les conclusions du rapport des experts des Nations unies sur les liens entre criminalité organisée et structures politiques. Les accusations relatives à la présence d’individus associés aux gangs au sein de certaines administrations territoriales justifient des investigations indépendantes et des explications officielles. Elles ne dispensent toutefois ni du respect de la présomption d’innocence ni de l’établissement des responsabilités individuelles. Comment garantir la neutralité de l’appareil électoral si les mécanismes de contrôle des nominations publiques demeurent eux-mêmes contestés ?

L’échéance du 13 décembre reste inscrite au calendrier officiel, mais le CEP n’a toujours pas confirmé un nouveau dispositif électoral définitif. Les inscriptions des candidats ont été prolongées jusqu’au 31 octobre. Ces changements successifs interviennent dans un environnement marqué par l’emprise des groupes armés sur plusieurs territoires et par les obstacles persistants à l’exercice du suffrage. L’ancien président du Sénat Simon Dieuseul Desras a, lui aussi, formulé une critique sévère du gouvernement, estimant que Fils-Aimé avait échoué dans la conduite du processus.

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