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Économie

Haïti - Sécurité : Appel des évêques catholiques d’Haïti

Lors de leur dernière Assemblée plénière, les évêques catholiques d’Haïti ont exprimé leur vive inquiétude face à l’aggravation de l’insécurité, à la défaillance de la gouvernance et aux incertitudes entourant les prochaines élections. […] La descente aux enfers de n

Haïti - Sécurité : Appel des évêques catholiques d’Haïti
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Lors de leur dernière Assemblée plénière, les évêques catholiques d’Haïti ont exprimé leur vive inquiétude face à l’aggravation de l’insécurité, à la défaillance de la gouvernance et aux incertitudes entourant les prochaines élections.

[…] La descente aux enfers de notre pays nous préoccupe chaque jour davantage. La situation générale s’aggrave sous nos yeux terrifiés : l’avancée vertigineuse des groupes armés qui occupent nos quartiers, la recrudescence des enlèvements qui traumatisent nos familles et compromettent le fonctionnement des écoles et des universités, d’une part ; et d’autre part, le spectacle d’une gouvernance défaillante, incapable d’assurer le rétablissement de la Paix publique et la protection de la population.

Nous faisons face à une grande confusion, un manque flagrant de leadership et une absence de vision à long terme. La population est livrée à elle-même. Le terrible massacre de Kenscoff est encore dans tous les esprits et le sang des victimes crie justice vers le ciel https://www.icihaiti.com/article-48020-icihaiti-kenscoff-au-moins-61-personnes-tuees-dont-14-enfants.html . Dans ce sombre tableau, l’arrivée progressive de la Force de Répression des gangs pourra-t-elle aider concrètement le pays ? La Police Nationale d’Haïti et les Forces Armées d’Haïti seront-elles vraiment en mesure de reprendre le contrôle des villes et des quartiers abandonnés aux bandes armées ? Les promesses tant de fois réitérées par la communauté internationale seront-elles entièrement tenues ? Toutefois, nous devons reconnaître et saluer les efforts non négligeables de ces forces publiques dont les membres payent parfois le prix sacrificiel de leur vie. Leur engagement sur le terrain a, à n’en pas douter, permis d’éviter le pire.

[…] Nous observons avec une vive préoccupation l’évolution de la situation nationale, marquée par l’emprise croissante de la violence sur la vie du pays et par son influence déterminante sur le jeu politique. Dans cette conjoncture désastreuse, l’avenir demeure chargé d’incertitudes à l’approche d’une échéance électorale elle-même incertaine.

Nous devons nous demander en toute vérité : dans quel contexte et dans quelles conditions ces élections se tiendront-elles ? Seront-elles réellement inclusives, impartiales et transparentes ? Quelles garanties de sécurité offre-t-on au citoyen ordinaire afin qu ’il puisse exercer son droit civique sans risquer sa vie ?

Dans cette impasse politique, « l’Église ne peut approuver la constitution de groupes dirigeants restreints qui usurpent le pouvoir de l’État au profit de leurs intérêts particuliers ou à des fins idéologiques » (Centesimus annus, n. 46, § 1). Le retour à l’ordre constitutionnel par la voie des urnes est une nécessité absolue. Le libre choix de nos dirigeants est un pilier de la démocratie.

En effet, la politique doit redevenir ce qu’elle est par vocation : une forme noble de la charité au service du bien commun (cf. Evangelii gaudium, n. 205). Sans un environnement pacifié, sans la neutralité des institutions de l’État et sans un consensus sincère, le scrutin risque d’engendrer de nouvelles crises plutôt que d’apporter la stabilité souhaitée. Il ne suffit pas de convoquer des élections. Il faut aussi créer les conditions qui leur donnent leur pleine valeur démocratique. La sécurité du citoyen précède l’opération de vote. Nul ne devrait être contraint de choisir entre l’exercice de son droit civique et la protection de sa vie.

C’est pourquoi nous en appelons à un engagement commun et ferme de la part des Autorités de l’État, des forces politiques, de la société civile, des acteurs économiques et des partenaires internationaux portant à assumer des obligations précises. Il s’agit de protéger la population, de répondre à l’urgence humanitaire, de restaurer l’autorité de l’État et de créer les conditions d’élections crédibles.

Il est urgent de dépasser les querelles de chapelle, les intérêts mesquins et les haines stériles. Donnons-nous la main, réconcilions-nous et sauvons Haïti, notre Patrie commune. Notre Nation doit réapprendre l’art du dialogue et du pardon réciproque dans la justice et la vérité […] »

Mgr Max Leroy MÉSIDOR Archevêque Métropolitain de Port-au-Prince, Président de la CEH ; Mgr Pierre André DUMAS (En Convalescence) Évêque d’Anse-à-Veau / Miragoâne

Vice-Président de la CEH ; Mgr Joseph Gontrand DÉCOSTE, SJ Évêque de Jérémie Secrétaire Général de la CEH ; Mgr Désinord JEAN Évêque de Hinche Économe de la CEH ; Chibly Cardinal LANGLOIS Évêque des Cayes Conseiller ; Mgr Marie Érick Glandas TOUSSAINT Évêque de Jacmel ; Mgr Launay SATURNÉ Archevêque Métropolitain du Cap-Haïtien. ; Mgr Charles Peters BARTHELUS Évêque de Port-de-Paix ; Mgr Yves Marie PÉAN, CSC Évêque des Gonaïves ; Mgr Sander LOUIS-JEAN Évêque Nommé de Fort-Liberté ; Mgr Quesnel ALPHONSE, SMM. Administrateur Apostolique de Fort-Liberté ; Mgr Wismick JEAN-CHARLES, SMM Évêque Auxiliaire de Port-au-Prince.

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