La matière brute de sacs en jute a propulsé Ibrahim Mahama vers la célébrité planétaire.
En 2015, alors à la fin de sa vingtaine et doctorant en beaux-arts au Ghana, il a été choisi pour participer à l’un des plus grands festivals d’art du monde, la Biennale de Venise. Là-bas, il a présenté son installation Out of Bounds : des sacs en toile de jute – fabriqués en Asie du Sud-Est et utilisés pour l’exportation du cacao ghanéen en Occident – étaient cousus ensemble et associés à des cordes nouées et à des plaques de métal. Le tout formait un gigantesque patchwork qu’il avait drapé sur les parois d’un long passage extérieur, dans l’ancien chantier naval de l’Arsenal.
Ce couloir immersif, qui abordait le travail, l’exploitation, les héritages coloniaux et le commerce international, a fait la renommée mondiale d’Ibrahim Mahama, ce qui lui a permis d’être représenté par de prestigieuses galeries et s’est traduit, à terme, par une réussite financière qui lui sert à transformer le paysage artistique au Ghana.
Cette démarche – celle de l’artiste qui prend l’initiative du changement – fait qu’il compte aujourd’hui parmi les plus grands noms de son milieu. Au début de décembre 2025, il a été classé premier de la liste “Power 100” du magazine [britannique] ArtReview, un classement réputé de
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