En direct Jeudi 24 Septembre 2026
Géopolitique

« Il faut appeler une guerre une guerre, qu’elle soit informationnelle, cyber, hybride, de l’ombre ou “sous le seuil” »

Piégé par l’échec de sa stratégie de conquête de l’Ukraine après quatre ans et demi de guerre, Vladimir Poutine a choisi l’escalade : détruire l’Ukraine, déstabiliser l’Europe, constate Sylvie Kauffmann, chroniqueuse au « Monde ».

« Il faut appeler une guerre une guerre, qu’elle soit informationnelle, cyber, hybride, de l’ombre ou “sous le seuil” »
HaitiCreoleRadio.com

L’un est à l’Est, l’autre à l’Ouest, mais le fond du discours est le même. L’un, Donald Tusk, est le premier ministre d’un pays, la Pologne, situé en première ligne de la guerre en Ukraine. L’autre, le président Emmanuel Macron, dirige un des pays les plus éloignés géographiquement de la pluie de missiles et de drones qui s’abat quotidiennement sur l’Ukraine. A vingt-quatre heures d’intervalle, les 17 et 18 septembre, ces deux dirigeants ont voulu alerter leur population sur l’état de la menace russe qu’ils jugent de plus en plus concrète.

Donald Tusk a choisi la date symbolique du 17 septembre, anniversaire de l’invasion de la Pologne par l’Union soviétique en 1939, pour s’adresser à la Diète, la Chambre basse du Parlement à Varsovie. Quelques jours plus tôt, tout près de la frontière avec la Pologne, un drone russe avait atteint la locomotive d’un train assurant la liaison Kiev-Varsovie, une liaison ferroviaire vitale pour l’Ukraine puisque les avions civils ne peuvent plus y voler depuis 2022.

A l’heure où, dans les états-majors et les instituts spécialisés, on multiplie les war games, exercices de simulation sur l’extension de la guerre à l’Europe, ce que décrit Donald Tusk aux députés n’a rien d’un jeu. « Le scénario le plus probable pour les prochains mois prévoit des événements graves, avertit-il. Il exige de nous de la concentration, du sérieux et, surtout, une préparation mentale pour faire face à des épreuves difficiles ». Attention : le premier ministre précise qu’il n’est pas question d’une « invasion ». Simplement, « nous sommes dans le champ de la menace ». Et « si quelque chose de grave devait arriver, nous voulons être prêts ».

De quoi parle-t-il ? Des plans russes que lui ont communiqués les services de renseignement : essentiellement des frappes de drones qui seraient considérées comme « accidentelles », difficiles à attribuer à une agression volontaire de la part de la Russie et donc privant le pays visé d’un motif incontestable de riposter. Plusieurs de ces « incidents » se sont déjà produits, souligne le premier ministre, en Moldavie, en Roumanie, en Pologne, et ils vont se multiplier. L’objectif de Moscou est d’« affaiblir la volonté des Etats de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord [OTAN] » et de « prouver que l’article 5 est plus théorique que pratique [si un pays de l’Alliance est victime d’une attaque armée, chaque membre prendra les mesures nécessaires « y compris l’emploi de la force armée », pour venir en aide au pays attaqué] ».

Il vous reste 58.48% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Article précédent EN DIRECT, guerre en Ukraine : l’UE sanctionne Xenia Fedorov… Article suivant Au Brésil, le Parti des travailleurs cherche un nouveau souf…

Commentaires (0)

Laisser un commentaire

0 / 2000 caractères

Aucun commentaire. Soyez le premier !