Deux semaines après la mort de son frère, Sami Ayadi, à l’hôpital Charles-Nicolle de Tunis, au terme de plus de dix mois d’incarcération, Faten Ayadi ne décolère pas. « Je veux rendre justice à mon frère, je n’abandonnerai pas », affirme-t-elle.
Depuis le début des épisodes caniculaires en Tunisie, en juillet, les signalements de décès suspects en prison se multiplient de la part d’acteurs de la société civile. La Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH) en a dénombré vingt, selon un décompte réalisé jusqu’à la fin août et rendu public le 3 septembre — l’organisation n’a pas précisé la période exacte lors de laquelle ces morts sont survenues.
Parmi les victimes figure Sami Ayadi, commerçant de 52 ans. Marié et père de deux enfants, il avait été incarcéré en octobre 2025 pour des délits financiers. Il est mort à l’hôpital vendredi 28 août, après avoir été victime d’un malaise dans sa cellule à la prison civile de Mornaguia, dans la banlieue de Tunis. « Il n’avait aucun problème de santé. Mais, lors de la visite précédente, il m’avait fait comprendre, sans oser se plaindre ouvertement, qu’il suffoquait à cause de la chaleur », témoigne sa sœur, précisant que la cellule dans laquelle il se trouvait était surpeuplée.
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