Livre. La relation irano-israélienne n’a pas toujours été aussi haineuse, rappelle Clément Therme, l’un des experts français les plus éclairés sur l’Iran, dans Iran-Israël. La guerre idéologique de 1979 à nos jours (Tallandier, 192 pages, 19,90 euros). Ce livre, des plus instructifs, retrace les principales phases de rupture entre les deux ennemis désormais irréconciliables. A l’heure où leur affrontement existentiel atteint son acmé, menaçant la région de nouveaux déséquilibres, il n’est pas inintéressant d’évoquer, comme le fait l’ouvrage, le parcours complexe de cette relation ainsi que les héritages qu’elle a laissés dans les imaginaires collectifs.
Pour un peu, on en aurait presque oublié qu’avant l’avènement de la République islamique, en 1979, l’Iran impérial occupait une place à part aux yeux d’Israël, soucieux de « contrebalancer la pression diplomatique militaire et idéologique des Etats arabes ». Vu à cette époque comme un partenaire naturel dans un environnement hostile, l’Iran, non arabe, non sunnite et gouverné par une élite tournée vers l’Occident, était l’élément central de la « doctrine de la périphérie ». Celle-ci, formulée par l’ancien premier ministre israélien David Ben Gourion (1886-1973), visait à instaurer une entente géopolitique avec l’Iran et la Turquie, deux Etats résolument liés aux Etats-Unis.
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