Après des mois de tensions, l’instabilité régionale pourrait pousser l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis vers la réconciliation. Mardi [29 septembre], le vice-président émirati, Mansour ben Zayed Al-Nahyane, s’est rendu en Arabie saoudite pour une “visite fraternelle”. Il y a rencontré le ministre saoudien de la Défense, le prince Khaled ben Salmane, et surtout le prince héritier Mohammed ben Salmane (MBS).

“La personnalité du visiteur est très significative, car il s’agit de la première rencontre à un tel niveau de responsabilité entre les deux pays depuis de nombreuses années”, relève Hussein Ibish, chercheur à l’Arab Gulf States Institute. “Cela doit être considéré comme une étape potentiellement importante vers une réconciliation.”

Cela ne signifie pas pour autant que Riyad et Abou Dhabi aient réglé les différends qui les ont éloignés au cours des dernières années. Mais leur rivalité se heurte aujourd’hui à une réalité plus pressante : la guerre toujours en cours avec l’Iran, ainsi que la reprise des combats au Yémen, où les houthistes menacent le territoire saoudien et la navigation en mer Rouge. En cas de nouvelle escalade dans la région, l’Iran pourrait décréter un blocus à Ormuz et Bab El-Mandeb, fragilisant davantage l’économie mondiale.

Yémen : l’Arabie saoudi