Les forces américaines présentes dans le département nippon d’Okinawa ont été interdites, mercredi 7 octobre, de consommer de l’alcool pendant quarante-huit heures et seront soumises à un couvre-feu pendant trente jours entre minuit et 5 heures du matin, après le meurtre d’une femme pour lequel un marine américain est soupçonné.
Benjamin T. Watson, coordinateur de la zone d’Okinawa et commandant de la 3e Force expéditionnaire des marines, et plus haut responsable militaire américain à Okinawa, a déclaré que cette période donnerait le temps d’organiser des formations pour l’ensemble des militaires sur « les normes, la discipline et nos responsabilités en tant que membres de la communauté d’Okinawa ».
La police a annoncé, dimanche, qu’un marine américain stationné à Okinawa avait été arrêté, soupçonné d’avoir tué une femme de 39 ans dans un hôtel de la ville de Naha et de lui avoir volé son portefeuille. Selon les médias locaux, elle a été étranglée. Le marine nie les faits qui lui sont reprochés.
Les Etats-Unis comptent environ 54 000 militaires stationnés au Japon, principalement à Okinawa, et les crimes commis par des militaires américains constituent depuis longtemps une source de tensions dans les relations entre les deux proches alliés en matière de sécurité.
Plusieurs précédents
Mercredi, le gouverneur d’Okinawa, Genta Koja, a rencontré, à Tokyo, le ministre de la défense, Shinjiro Koizumi, auquel il a déclaré que cette affaire avait « provoqué une profonde inquiétude » parmi les habitants d’Okinawa. Il doit rencontrer la première ministre, Sanae Takaichi, plus tard dans la journée.
« Le gouvernement départemental a demandé à plusieurs reprises à l’armée américaine de prendre des mesures pour empêcher que de tels faits ne se reproduisent à chaque fois qu’un incident survient, mais le fait qu’un tel incident se soit de nouveau produit nous contraint à conclure que la discipline au sein des forces américaines et leur éducation aux droits humains ne fonctionnent absolument pas », a-t-il déclaré à Shinjiro Koizumi. M. Koizumi a déclaré qu’il allait « faire avancer les discussions avec les Etats-Unis sur la manière de mettre en œuvre des mesures efficaces » afin d’empêcher que de tels incidents ne se reproduisent.
L’an dernier, un tribunal japonais a condamné à sept ans de prison un marine américain accusé d’avoir étranglé une femme d’une vingtaine d’années et tenté de la violer. En 2017, un ancien marine américain, employé civil sur une base militaire, a été condamné à la réclusion à perpétuité pour le viol et le meurtre d’une habitante d’Okinawa.
La même année, les forces américaines au Japon avaient interdit à l’ensemble de leur personnel de consommer de l’alcool après qu’un marine américain en état d’ébriété eut percuté au volant de son véhicule un petit camion, tuant son conducteur, un habitant de 61 ans.