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Jorgen Watne Frydnes, l’homme au cœur du processus d’attribution du prix Nobel de la paix
Par Clémentine GoldszalPortraitA 41 ans seulement, il s’apprête à remettre, le 9 octobre, son troisième prix Nobel de la paix en tant que président du comité. Auparavant, il avait œuvré à rebâtir Utoya après les attaques du terroriste d’extrême droite Anders Behring Breivik qui avaient traumatisé la Norvège en 2011. Une expérience décisive dans son existence.
Le 2 novembre 2020, la veille de l’enterrement de sa mère, morte d’un cancer, Jorgen Watne Frydnes reçoit un appel. Jonas Gahr Store, premier ministre et chef du Parti travailliste norvégien, lui propose de le nommer pour intégrer le comité Nobel. Le jeune homme de 35 ans a vu dans cette collision d’événements un symbole : enterrer sa mère et se projeter dans l’avenir, honorer le passé et rendre possible un futur.
Six ans plus tard, il s’apprête à remettre, le 9 octobre, son troisième prix Nobel de la paix en tant que président du comité, selon les principes édictés il y a cent trente et un ans par Alfred Nobel. Dans son testament, l’homme d’affaires et chimiste suédois détaillait les conditions d’attribution des prix qui porteraient son nom. Concernant le prix Nobel de la paix, il fixa des règles singulières : alors que les autres distinctions sont attribuées par des comités suédois, ce dernier relève de la décision du comité Nobel, un collège de cinq membres nommés par le Parlement norvégien pour six ans renouvelables une fois.
Quand il a été appelé par le premier ministre, Jorgen Watne Frydnes était déjà connu pour le rôle qu’il avait joué après les attaques du terroriste d’extrême droite Anders Behring Breivik, en juillet 2011, qui avait tué huit personnes dans le quartier gouvernemental d’Oslo et fait 69 victimes sur l’île d’Utoya, où se tenait, comme chaque été, un camp d’été de jeunes travaillistes. Après avoir passé douze années de sa vie à œuvrer à la reconstruction et à la réconciliation autour de cet événement qui a traumatisé son pays, il a publié un livre, No Man Is an Island. Community and Commemoration on Norway’s Utoya (« Nul homme n’est une île. Communauté et commémoration sur l’île d’Utoya, en Norvège », University of Massachusetts Press, non traduit) sur le sujet en 2025, et en parle aujourd’hui comme d’une expérience décisive de son existence.
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