Après les manifestations du 17 octobre qui ont donné lieu à des débordements et des pillages dans de nombreuses villes, “la France retient son souffle” ce samedi 24 octobre, date d’une nouvelle journée de mobilisation à travers le pays, écrit El País.
Plusieurs titres de la presse internationale suivent les événements en cours dans l’Hexagone, publiant des articles “live” sur leurs sites internet. C’est par exemple le cas du New York Times qui fait état de l’“important dispositif sécuritaire” déployé “pour se prémunir contre de nouvelles émeutes”. “Environ 70 000 policiers et gendarmes, appuyés par des troupes militaires d’élite, des véhicules blindés et des hélicoptères, occupent les rues et le ciel de Paris, Marseille, Lyon et d’autres villes. Dans certaines, comme Le Havre, Toulon et Nice, les manifestations sont interdites dans les centres-villes ce samedi.”
“Ce qui avait commencé comme un mouvement étudiant s’est transformé en quelque chose de plus sombre – un cycle de violence à l’échelle nationale qui pose question sur la capacité de la France à préserver la loi et l’ordre.”
“Paris, l’une des rares villes où les syndicats ont obtenu l’autorisation de manifester, a fermé 24 stations de métro depuis 9 heures. Les magasins sont fermés et leurs commerçants ont vidé leurs rayons”, remarque El País. La préfecture de police a finalement imposé un parcours de la Porte d’Italie à la Porte de Vincennes, en lisière de Paris, alors qu’elle avait précédemment accepté un tracé entre les places de la Bastille et de la Nation. Une décision contestée par les manifestants.
Cela n’a pas empêché des milliers de personnes d’intégrer le cortège, affirme la journaliste Catherine Porter dans The New York Times. “La foule est si dense qu’il est difficile de se déplacer. Beaucoup de gens sont en colère contre le changement d’itinéraire. ‘C’est une stratégie pour nous décourager’, lâche Vincent Charache, 35 ans, un employé muncipal qui a fait deux heures de train depuis Nevers pour protester contre les inégalités galopantes.”
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Je m’abonneUn mouvement qui dépasse les frontières
Décrivant une “France sous tension”, le journal suisse Le Temps tourne son regard vers Orléans, où le Rassemblement national (RN) organise son congrès pour lancer la candidature présidentielle de sa dirigeante, Marine Le Pen. “Les manifestants [y] défilent déjà, contre le RN et la vie chère.” En effet, à midi, la préfecture comptabilisait 11 000 manifestants – 26 000 selon les organisateurs – venus protester contre la montée de l’extrême droite. Selon les dernières informations, le rassemblement s’est terminé dans le calme.
À la mi-journée, le ministère de l’Intérieur a fait état de 135 interpellations sur l’ensemble du territoire, tout en soulignant qu’aucun d’incident majeur n’était pour l’heure à déplorer.
Couvrant lui aussi les manifestations du jour en direct, The Guardian rappelle que d’autres pays européens connaissent actuellement des mouvements sociaux de grande ampleur : l’Espagne, la Belgique, l’Autriche, l’Albanie, le Portugal ou encore l’Italie. Dans la Botte, un journaliste de La Repubblica parle d’une contestation principalement portée par une jeunesse habitée par un profond sentiment de marginalisation – ce dernier étant partagé par-delà les frontières. Selon l’auteur, il existe un contraste saisissant entre les mouvements étudiants héritiers de Mai-68 et la réalité actuelle de jeunes prêts à tout pour être entendus et trouver leur place dans le système… quitte à le détruire.
Plus d’informations à suivre…
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