Juliette Magnevasoa, chanson française sur accords de guitare malgaches
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La musique comme moyen de rallier Madagascar et le pays basque, dans le sud-ouest de la France : c'est comme cela que Juliette Magnevasoa, chanteuse franco-malgache de 27 ans, conçoit son art. À travers son premier EP, Guitare nouée sur corps étanche, aussi bien que son album de reprises (Les routines), la jeune femme retrace son histoire faite de déchirements et de ruptures, toujours avec une grande poésie.
Juliette Magnevasoa a 27 ans, et déjà dix ans dans la musique derrière elle. Sur scène, cette expérience lui donne une calme assurance lorsqu'elle demande au public de fredonner avec elle ses ballades inspirées de sa vie, de ses proches, ou d'auteurs qu'elle admire. La jeune femme capture l'attention du public, et l'emmène sur les chemins parfois cahoteux qui constituent son parcours.
Une vie perchée entre Madagascar et la France
Car si aujourd'hui Juliette Magnevasoa a le léger accent chantant caractéristique du sud-ouest de la France, c'est bien à Madagascar qu'elle est née, avant d'être adoptée, à l'âge de 4 ans, par une famille du pays basque. Aujourd'hui, cette fracture et cette double identité habite les chansons de la jeune femme, comme lorsqu'elle chante « Madagascar, tu n'es pas loin, et ça fait de moi quelqu'un d'immense » dans « L'effet mère ». « La musique pour moi, c'est vraiment rallier mes deux terres, confirme-t-elle. D'ailleurs, "Juliette Magnevasoa", c'est exactement cela : je suis Juliette depuis que je suis arrivée en France, mais j'étais Magnevasoa à Madagascar. »
C'est aussi dans cette histoire qu'elle puise ses compositions, inspirées tout à la fois des grands standards de la chanson française (Barbara, Anne Sylvestre ou Georges Moustaki en tête) que des artistes malgaches qui l'ont bercée, d'Erick Manana à D'Gary. Un mariage heureux et sans obstacles : « étonnamment, il y a beaucoup de ponts entre la musique basque et la musique malgache, juge la chanteuse. C'est-à-dire, des voix tout à fait centrales, et des accompagnements assez minimalistes d'instruments souvent harmoniques, comme la guitare. »
Le couple guitare/voix, une forme « d'hypnose »
Il faut dire qu'en studio comme sur scène, Juliette Magnevasoa ne s'accompagne (presque) que de sa guitare, qu'elle pratique d'ailleurs tous les matins pendant deux heures et demie. « Je ne peux pas vraiment l'expliquer mais, lorsque je joue de la guitare, c'est presque de l'hypnose, confie l'autrice-compositrice-interprète. Ce n'est presque plus moi, la guitare devient comme une extension de mon corps. » Ce n'est pas pour rien si son premier EP s'intitule Guitare nouée sur corps étanche.
Cet accompagnement sans fioritures permet à la voix cristalline de Juliette Magnevasoa de s'exprimer pleinement et surtout de porter ses mots – « mes textes portent ma vie », pointe-t-elle d'ailleurs. Car la poésie est une partie essentielle de son travail : « Chaque jour, j'essaie d'écrire pendant 1h30. J'essaie de cultiver une poésie de rien et, à force, cela devient un prisme à travers lequel je regarde le monde. Et c'est plus léger comme ça aussi ! »
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