À l’origine, le terme “afrobeat” (sans s) désigne un genre musical inventé dans les années 1970 par le musicien nigérian Fela Kuti. C’était alors un mélange de jazz, de funk et de rythmes yoruba (les Yoruba étant un peuple d’Afrique de l’Ouest surtout présent au Nigeria). Dans les années 2010, le DJ Abrantee, à Londres, a repris le mot, y a ajouté un s et a créé un néologisme : “afrobeats”, “expression fourre-tout conçue à des fins de marketing pour diffuser ce genre de musique à la radio et sur un marché du streaming en plein essor”, analyse Chibuzo Emmanuel dans le quotidien britannique The Guardian.

Mais cette tendance ne s’est pas arrêtée là. Comme le remarque ce journaliste musical installé au Nigeria, ces dernières années, à mesure que les musiques du continent africain se sont popularisées au-delà de ses frontières, “‘afrobeats’ est devenu un terme générique englobant concrètement tous les types de musique africaine : pop, dance, rap, R’n’B, gospel et highlife, sans oublier une grande partie des scènes musicales alternatives du continent”.

Des artistes déconnectés de leurs traditions

Aux yeux d’un certain nombre d’artistes africains, c’est un problème. C’est notamment le cas pour Tyla, la reine de l’amapiano sud-africain. En 2024, elle reçoit le MTV Award du meilleur clip