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Géopolitique

« L’économie du Brésil est en croissance grâce au niveau élevé des cours mondiaux des matières premières plus qu’à un succès du gouvernement Lula »

Si, le 25 octobre, Lula échoue au second tour de la présidentielle au Brésil, sa défaite sera celle d’un homme du passé, mais aussi celle d’une gauche restée aveugle à la hausse du coût de la vie et aux menaces du crime organisé au Brésil, estime l’économiste chilien Andrés Velasco

« L’économie du Brésil est en croissance grâce au niveau élevé des cours mondiaux des matières premières plus qu’à un succès du gouvernement Lula »
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Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva pouvait naguère se poser, non sans raison, en sauveur de la gauche de son pays. Au lendemain des élections générales du 4 octobre, il fait plutôt figure de fossoyeur. Sa défaite et celle de ses alliés ont été écrasantes. Contrairement à ce que prévoyaient les sondages, Lula a été devancé au premier tour de la présidentielle par Flavio Bolsonaro, pur produit du népotisme, dont le seul bagage est son patronyme. Les trois autres candidats ayant recueilli un nombre significatif de voix étant tous issus de la droite ou du centre droit, Flavio Bolsonaro a désormais toutes les chances de remporter la présidence lors du second tour, le 25 octobre.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Le Parti libéral de Bolsonaro, qui n’a de libéral que le nom, formera désormais le premier groupe au Congrès (avec deux fois plus de sénateurs qu’auparavant) et comptera le plus grand nombre de gouverneurs d’Etat. Le clan Bolsonaro sort grand vainqueur du scrutin : la troisième épouse du patriarche putschiste Jair [ancien chef de l’Etat de 2019 à 2022], ainsi que deux autres de ses fils et son frère siégeront désormais au Congrès.

Toute analyse des raisons de l’échec de la gauche doit commencer par Lula lui-même. Même si son parcours, de simple ouvrier métallurgiste au sommet du pouvoir, reste admirable, il est aujourd’hui un homme du passé. C’est l’histoire de Biden, mais en version extrême : un octogénaire enclin aux divagations qui n’aurait jamais dû être autorisé à se présenter − c’était sa septième campagne présidentielle −, et qui n’est devenu candidat que par manque d’alternatives crédibles.

A l’ombre de Lula, ses successeurs ont eu du mal à s’épanouir. La seule personne souvent citée comme héritier, l’ancien ministre Fernando Haddad, vient de perdre l’élection pour le poste de gouverneur de Sao Paulo (l’Etat le plus peuplé du Brésil), avec un écart considérable face à un allié de Bolsonaro. Il s’agissait de la quatrième défaite électorale consécutive de Haddad, ce qui signifie que sa carrière politique est également terminée. La longue ombre de Lula continue de planer sur l’avenir de la gauche brésilienne.

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