Des agents fédéraux américains ont perquisitionné lundi 12 octobre le domicile washingtonien de l’élue démocrate Ilhan Omar dans le cadre d’une enquête pénale, selon des sources citées par Associated Press (AP) et le Washington Post, sur fond d’accusations concernant son parcours migratoire qu’elle dément.
« Nous savons que cette enquête a commencé il y a un moment. Il y a eu un mandat de perquisition exécuté ce matin et c’est tout ce que je dirai », a déclaré M. Homan, interrogé sur la chaîne Fox News, confirmant cette information rapportée par les médias américains. En septembre, il avait confirmé l’existence d’une enquête des services d’immigration concernant Mme Omar, sans autre précision.
La perquisition de lundi, menée par des agents du service d’enquêtes du ministère de la sécurité intérieure, est liée à une enquête sur les conditions de l’acquisition de la nationalité américaine par Ilhan Omar, 44 ans, arrivée enfant aux Etats-Unis de Somalie avec sa famille, rapporte notamment Fox News.
Des accusations démenties
Des accusations concernant le parcours migratoire de Mme Omar circulent depuis des années dans les milieux conservateurs. Selon AP, des républicains l’ont notamment accusée d’avoir épousé son frère et commis une fraude à l’immigration. L’élue les a rejetées, dénonçant des « mensonges répugnants ». Le Washington Post rappelle que les responsables fédéraux ayant relayé ces accusations n’ont pas fourni d’éléments pour les étayer.
Le vice-président, J. D. Vance, avait déclaré à des journalistes en mai : « Il semble certainement y avoir quelque chose de louche, mais chacun a droit à une justice égale devant la loi. » « Nous allons enquêter. Nous allons examiner cela. Si nous estimons qu’un crime a été commis, nous engagerons des poursuites », avait-il ajouté, selon AP.
Dans un entretien avec le podcasteur conservateur Benny Johnson, il avait affirmé, sans présenter de preuve, que Mme Omar avait « bel et bien commis une fraude à l’immigration contre les Etats-Unis ». Il avait précisé discuter avec Stephen Miller, chef de cabinet adjoint de la Maison Blanche, des recours possibles : « Comment enquêter sur elle ? (…) Comment constituer le dossier nécessaire pour obtenir (…) justice pour le peuple américain ? »
L’entourage de l’élue avait dénoncé en mars des accusations fabriquées et diffamatoires. Son chef de cabinet, Connor McNutt, les avait qualifiées de « mensonge ridicule » et de tentative de détourner l’attention de la politique de l’administration.
Une cible régulière de Donald Trump
Arrivée enfant aux Etats-Unis de la Somalie, Mme Omar représente une circonscription du Minnesota comprenant Minneapolis. Elue pour la première fois à la Chambre des représentants en 2018, elle appartient au groupe d’élues progressistes surnommé « The Squad », connu pour son opposition à Donald Trump.
Le président américain a multiplié les attaques personnelles contre elle, la qualifiant notamment en décembre d’« ordure » et lui demandant de quitter le pays, rappelle le Washington Post.
Ces attaques s’étaient intensifiées sur fond de scandale de fraude impliquant des dizaines de personnes d’origine somalienne au Minnesota, qui avait conduit l’administration à durcir ses opérations migratoires. Mme Omar n’était accusée d’aucun acte répréhensible dans cette affaire, précise le quotidien.
Cette perquisition survient à trois semaines des élections cruciales de mi-mandat, qui s’annoncent difficiles pour les républicains, le parti de Donald Trump. Elle coïncide également avec une offensive des ministères de la justice et de la sécurité intérieure depuis plusieurs semaines, à grand renfort de communiqués, visant des étrangers ayant voté par le passé aux élections américaines ou ayant tenté de le faire. Donald Trump et le camp républicain agitent régulièrement le spectre d’un vote massif des étrangers aux élections américaines, pourtant extrêmement marginal, selon les statistiques officielles.