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L’esclavage moderne des Haïtiens à l’étranger au XXIe siècle : une responsabilité directe de l’État haïtien

par : Rosny SAINT LOUIS « La responsabilité, enseigne Delmas-Marty, est la condition de notre humanité. » Sans un brin d’humanité, on devient insensible. On devient même des monstres. C’ est ce bout d’humanité qui manque à nos dirigeants, surtout à ceux qui se sont succédé au pouvoi

L’esclavage moderne des Haïtiens à l’étranger au XXIe siècle : une responsabilité directe de l’État haïtien
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14 septembre 2026
L’esclavage moderne des Haïtiens à l’étranger au XXIe siècle : une responsabilité directe de l’État haïtien
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L’esclavage moderne des Haïtiens à l’étranger au XXIe siècle : une responsabilité directe de l’État haïtien

  • by Rezo Nodwes
  • 14 septembre 2026
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par : Rosny SAINT LOUIS

« La responsabilité,  enseigne Delmas-Marty, est la condition de notre humanité. » Sans un brin d’humanité, on devient insensible. On devient même des monstres. C’ est ce bout d’humanité qui manque à nos dirigeants, surtout à ceux qui se sont succédé au pouvoir durant les 40 dernières années; qui est la cause principale de la situation esclavagiste dont sont  victimes nos compatriotes à  l’étranger.  Mais un jour viendra ! Et la nation vous demandera des comptes. 

Nos dirigeants haïtiens n’ont aucune maitrise de l’Histoire.  Ils oublient vite et ne tirent aucune leçon des faits  historiques passés ici et ailleurs tels : le lynchage des tontons macoutes en 1986, l’assassinat crapuleux du Président Jovenel Moïse en 2021, le soulèvement populaire au Sri – Lanka en 2022 et la révolte des népalais en septembre 2025 menée par la « Génération Z »

Ces amnésiques qui nous dirigent oublient que l’Histoire d’Haïti commence par une rupture radicale et profonde avec l’esclavage. Du XVIe jusqu’au XVIIIe  siècle, Saint- Domingue, ci- devant Haïti, fut la colonie la plus prospère du monde, et cette prospérité grandissante fut bâtie sur le travail forcé de centaines de milliers d’Africains déportés de force.

Face à ce système d’exploitation, leur seule planche de salut fut la révolte sanglante de 1791 qui a prit le visage de Boukman, de Toussaint Louverture et de Dessalines. Après treize années de rudes combats, l’indépendance d’Haïti fut proclamée le 1er janvier 1804. Ainsi, Haïti devint, grâce  à ces va-nu-pieds, la Première République noire indépendante de l’humanité, née d’une victoire contre l’esclavage.

Deux siècles plus tard, le paradoxe est cruel et saisissant. Des descendants de ces esclaves qui ont brisé la chaine de la servitude, vivent aujourd’hui à l’étranger surtout en République Dominicaine et aux États-Unis d’Amérique,  des conditions qui relèvent de l’esclavage moderne. Le XXIe siècle, de nos jours, voit réapparaître sous d’autres formes plus déguisées, des  modes de  vie extrêmement graves des migrants haïtiens. En réalité,  si les causes sont multiples et variées, la responsabilité première revient aux gouvernements haïtiens, qui par action ou par omission, ont créé les conditions de cet exode forcé des haïtiens vers d’autres rives et de leur exploitation à outrance.

La République Dominicaine concentre la plus importante communauté haïtienne hors d’Haïti. Dans les bateys et sur les chantiers de construction, des centaines de milliers d’haïtiens travaillent péniblement sans statut, sans protection sociale et sont exposés quotidiennement à l’arbitraire et aux abus. L’un des cas les plus révoltants a eu lieu en juillet 2026 dans la province de San Juan de la Maguana où l’on voit à travers une vidéo, un migrant haïtien transporté de force à place ventre , couché horizontalement sur le siège d’une moto, ses jambes pendaient dans le vide d’un côté et sa tête de l’autre côté,  porté  en public par  deux (2) agents de la Direction  Générale des Migrations (DGM) en République Dominicaine, comme s’ils conduisaient un animal sauvage à l’abattoir. 

Cet affront public infligé à un des nôtres  nous retombe tous sur le visage. Si les images de cette avanie ont provoqué une vague d’indignation au niveau international et au niveau de la population haïtienne, le gouvernement haïtien de son côté fait semblant de tout ignorer, parce que trop préoccupé à parler d’élections qui risquent de ne pas se réaliser. Et ils le savent très bien.

A côté de ce cas particulier,  les Haïtiens sont régulièrement confrontés à d’autres sortes d’abus. Les salaires inférieurs au minimum légal,  la confiscation de pièces d’entité, les expulsions collectives et le racisme reconstituent une logique d’exploitation qui rappelle les plantations coloniales du temps de l’esclavage. L’arrêt TC 168-13 de la Cour constitutionnelle dominicaine en 2013,  a rendu apatrides des milliers de dominicains d’ascendance haïtienne malgré la primauté du Jus Soli, les plaçant dans une insécurité juridique totale.

En dépit de toutes ces calamités qui façonnent la vie de nos compatriotes en République Dominicaine, l’Etat haïtien reste toujours sourds à  leurs appels de détresse. 

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