Depuis mardi 22 septembre, l’Ethiopie a basculé dans une guerre que l’un des principaux belligérants, le Front populaire de libération du Tigré (TPLF), qualifie de « totale ». Les affrontements se déroulent principalement dans le nord du pays, en l’absence d’observateurs extérieurs. Ils ont commencé peu après la formation d’une coalition de sept groupes rebelles, baptisée la « Coalition des forces populaires éthiopiennes pour la survie », officiellement formée le 20 septembre et qui affiche pour objectif de « destituer le gouvernement fédéral » dirigé à Addis-Abeba par Abiy Ahmed.
Ces différents groupes, constitués le plus souvent sur des bases ethniques, entretiennent des relations complexes, avec parfois des objectifs contradictoires. Au fil des conflits armés qui ont ensanglanté ces dernières décennies l’Ethiopie – géant de la Corne de l’Afrique, avec plus de 130 millions d’habitants –, les renversements d’alliance ont été légion. Sans compter le rôle trouble joué par un acteur extérieur, l’Erythrée, qui se tient pour l’heure en retrait. Tour d’horizon des forces en présence, de leurs alliances mouvantes et de leurs ambitions.
Le Front populaire de libération du Tigré
Le TPLF est non seulement la première force au sein de la coalition rebelle, et la plus aguerrie, mais aussi un parti historique en Ethiopie : durant près de trente ans, entre 1991 et 2018, il a dirigé l’Ethiopie et a été l’architecte de sa modernisation. C’est sous l’autorité du premier ministre et président du TPLF, Meles Zenawi (1995-2012), que ce pays multiethnique a adopté, en 1994, une nouvelle Constitution inaugurant un système de gouvernance fondé sur la notion de fédéralisme ethnique.
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