Près de huit mois après avoir été gracié par Donald Trump, l’ancien président du Honduras Juan Orlando Hernandez est rentré, dimanche 26 juillet, dans son pays, où il devra désormais répondre de ses actes devant la justice pour détournement de fonds publics.
L’ancien président, qui a gouverné le Honduras de 2014 à 2022, est arrivé à bord d’un vol privé à l’aéroport de Palmerola, à 60 kilomètres au nord-ouest de Tegucigalpa, où sa famille l’a accueilli sur le tarmac, tandis que des dizaines de partisans l’attendaient à l’extérieur du terminal, a constaté l’Agence France-Presse (AFP).
Condamné en 2024 à quarante-cinq ans de prison pour trafic de drogue, il avait été gracié en novembre 2025 par le président américain et libéré en décembre de la même année. Sa grâce avait coïncidé avec l’irruption de Donald Trump dans l’élection présidentielle au Honduras.
Le républicain avait apporté son soutien à l’entrepreneur conservateur Nasry Asfura, membre du même parti que Juan Orlando Hernandez, qui a remporté le scrutin. Le président américain avait menacé de réduire l’aide au Honduras, pays le plus pauvre et le plus violent d’Amérique centrale, si son favori ne l’emportait pas.
« Nous serons toujours très reconnaissants envers le président Trump pour cette décision courageuse », a déclaré à l’AFP Ana Garcia, l’épouse de l’ancien président. Ce dernier est descendu de l’avion, puis s’est agenouillé pour prier. Il s’est ensuite rendu en minibus à l’intérieur de l’aéroport pour effectuer les formalités d’immigration.
« Mettre la drogue dans le nez des gringos »
Accusé d’avoir détourné 2 millions de dollars de fonds publics pour financer sa campagne présidentielle en 2013, Juan Orlando Hernandez, 57 ans, comparaîtra devant un tribunal le 3 août. En échange de son engagement à se présenter de son plein gré, un juge a suspendu son mandat d’arrêt, ce dont sa famille et ses partisans ont profité pour organiser un cortège de bienvenue et des cérémonies religieuses.
Deux ans après son extradition, Juan Orlando Hernandez avait été jugé en 2024 coupable d’avoir participé à un réseau qui a expédié plus de 500 tonnes de cocaïne aux Etats-Unis de 2004 à 2022, et de l’avoir protégé. En retour, il aurait reçu des millions de dollars des cartels, dont celui de Sinaloa, dirigé par le célèbre narcotrafiquant mexicain Joaquin Guzman, « El Chapo », condamné à la prison à vie aux Etats-Unis.
Selon les procureurs américains, sous sa présidence, le Honduras était devenu un « narco-Etat », une « super autoroute » par laquelle passait une grande partie du trafic de drogue de la Colombie vers les Etats-Unis. Lors du procès, un témoin avait affirmé avoir entendu Juan Orlando Hernandez se vanter qu’il allait « mettre la drogue dans le nez des gringos » et qu’ils ne s’en rendraient « même pas compte ».
Donald Trump avait justifié sa grâce par une « horrible chasse aux sorcières orchestrée » par son prédécesseur démocrate à la Maison Blanche, Joe Biden.
Juan Orlando Hernandez, que ses compatriotes surnomment « JOH », en référence à ses initiales, était devenu en 2014, à l’âge de 45 ans, le président le plus jeune du Honduras. Sa réélection en 2018, entachée de soupçons de fraude, avait été contestée par d’importantes manifestations populaires durement réprimées.