[Cet article est à retrouver dans notre hors-série Atlas des communications, en vente depuis le 15 juillet chez votre marchand de journaux et sur notre site.]
Commencée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la course à l’espace a longtemps été réservée aux superpuissances. Quelques mois après la mise en orbite, en 1957, du premier satellite Spoutnik conçu par l’Union soviétique, c’est au tour des États-Unis de placer un engin à vocation militaire et scientifique en rotation autour de la planète.
En 1962, le Canada et le Royaume-Uni rejoignent ce club restreint des nations spatiales en mettant sur orbite leur satellite avec l’assistance des États-Unis, suivis par l’Italie en 1964 et la France l’année d’après. À partir des années 1970, un nombre croissant de pays accèdent à l’espace. Le secteur spatial demeure un domaine de niche.
Pendant des décennies, ce sont essentiellement des satellites de défense et d’observation de la Terre qui ont été lancés, à un rythme régulier chaque année. Mais avec la miniaturisation des engins spatiaux, combinée à l’arrivée d’acteurs privés, tout s’accélère. Et depuis 2020, le nombre de lancements de petits satellites de télécommunication croît de manière exponentielle. C’est ce que montre cette infographie issue de notre hors-série Atlas des communications, en vente depuis le 15 juillet chez votre marchand de journaux et sur notre site.
Autrefois, la communication par satellite (pour la téléphonie et la télévision essentiellement) reposait sur quelques engins gigantesques placés en orbite dite “géosynchrone” à 35 786 kilomètres d’altitude. Ils tournent à la même vitesse que la Terre et semblent donc fixes par rapport à une antenne au sol. Si cette distance permet de couvrir la plus grande zone possible, elle peut engendrer une latence du signal de l’ordre de quelques secondes, impensable pour l’Internet d’aujourd’hui.
Maillage en constellation
Désormais, les petits satellites placés en orbite basse, à environ 500 kilomètres de la surface terrestre, offrent une expérience d’Internet comparable à ce que permet le câble. Mais à cette altitude, les engins tournent à toute allure autour de la planète et ne communiquent avec les antennes sur Terre que quelques minutes. C’est pourquoi ils sont organisés en constellations : ils forment un maillage et communiquent entre eux et avec le sol. Ainsi, lorsqu’un satellite s’apprête à perdre la connexion avec la Terre, un autre apparaît et prend le relais instantanément.
Plusieurs acteurs sont entrés dans cette nouvelle course, mais à l’heure actuelle, c’est la société américaine SpaceX qui se taille la part du lion. Avec près de 12 000 petits satellites déjà lancés pour sa mégaconstellation Starlink (dont 8 651 opérationnels), contre seulement 660 (dont 640 opérationnels) pour la constellation OneWeb de l’opérateur européen Eutelsat, elle est même en quasi-monopole. L’entreprise d’Elon Musk ne compte d’ailleurs pas s’arrêter là. Elle prévoit d’en lancer plus de 34 000 dans les années à venir.
“Aussi impressionnant soit-il, le rythme auquel Musk colonise l’espace est préoccupant”, note André Füzfa de l’université de Namur, dans un article paru dans L’Écho, à lire également dans notre hors-série. Le journal belge souligne que “chaque lancement alourdit la masse de débris spatiaux et sature davantage les orbites basses”. Et insiste : “Une collision pourrait déclencher une réaction en chaîne de débris, capable de paralyser d’un coup des infrastructures critiques, depuis le GPS et les services 112 [le numéro réservé aux appels d’urgence dans l’Union européenne] jusqu’aux prévisions météorologiques”.
La Chine se plaint à l’ONU d’incidents avec les satellites Starlink d’Elon Musk
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